| La division de Chypre persiste malgré les efforts et les sacrifices turcs |
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19 février 2005
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NICOSIE, (AFP) - Des élections législatives anticipées se déroulent dimanche dans la partie turque de Chypre. Nicosie demeure la dernière capitale divisée de l’Union européenne, l’échec des efforts de réunification de Chypre risquant de constituer un obstacle pour les aspirations européennes de la Turquie.
La plus grande île de la Méditerranée orientale a été une source de conflits depuis des siècles, passant entre les mains de plusieurs empires avant de sombrer dans des conflits interethniques entre les communautés grecque et turque trois ans à peine après son indépendance.
Les heurts les plus sérieux de la période contemporaine se sont produits en 1974, lorsque la Turquie, réagissant à un coup d’Etat fomenté par des nationalistes chypriotes grecs soutenus par Athènes qui souhaitaient rattacher l’île à la Grèce, est intervenue dans le nord de l’île, depuis lors divisée.
Plusieurs tentatives de l’Onu visant à une réunification de la République de Chypre, administrant la partie chypriote grecque et reconnue internationalement, et de la République turque de Chypre-Nord (RCTN), autoproclamée et reconnue par la seule Turquie, sont restées sans effet.
La dernière en date a buté lors d’un référendum organisé en avril 2004 sur un refus par les Chypriotes grecs du plan de paix proposé par le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan.
La communauté chypriote turque, pressée de mettre un terme à l’embargo international pesant sur la RTCN depuis sa fondation en 1983, et rêvant de faire son entrée dans l’Union européenne avait largement approuvé ce plan. Seule la partie sud a rejoint l’UE, le nord devant le faire de même avec la réunification de l’île.
Depuis le référendum, l’UE, l’Onu et les Etats-Unis ont annoncé des mesures pour alléger l’isolement du nord et saluer les efforts turcs en faveur d’un règlement.
Les résultats se sont cependant fait attendre, l’UE ayant jusqu’à présent été incapable d’obtenir le feu vert des Chypriotes grecs pour une aide financière et allègement des sanctions frappant le nord de l’île.
Washington a annoncé la semaine dernière son intention de mettre au service des entreprises chypriotes turques une assistance technique dans la cadre d’un programme d’aide d’un montant de 30,5 millions de dollars.
Des représentants des milieux d’affaires américains sont arrivés jeudi dans le nord de l’île pour s’entretenir avec leurs homologues locaux.
La question chypriote est entrée dans une nouvelle phase en décembre avec la décision prise par l’UE d’engager des négociations d’adhésion avec la Turquie le 3 octobre, à la condition toutefois qu’Ankara reconnaisse l’administration chypriote grecque.
La Turquie, qui maintient quelque 30.000 soldats en RTCN, continue d’affirmer qu’elle ne s’exécutera que si une solution est trouvée au conflit dans son ensemble.
Ankara, qui n’entend pas pour autant renoncer à ses perspectives européennes, se déclare ainsi prête à soutenir toute nouvelle initiative de l’Onu se basant sur le plan Annan.
Il faudra néanmoins attendre, selon la plupart des observateurs, la prochaine élection présidentielle en RTCN, prévue en avril pour qu’une réactivation des pourparlers de paix ait des chances d’aboutir.
Les législatives de dimanche en RTCN risquent en effet, au vu des sondages, de reconduire une Assemblée fragmentée, semblable à celle qui avait amené le gouvernement sortant, favorable au plan de paix onusien mais mis en minorité après le référendum, à démissionner en octobre.
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