| Les réfugiés tchétchènes protestent contre la venue de Poutine à Paris |
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20 mars 2005
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PARIS (AP) - Vladimir Poutine a voulu les éviter en allant directement à l’Elysée, mais ils n’ont pas renoncé à se faire entendre : plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux réfugiés tchétchènes et des personnalités du monde politique s’étaient réunies vendredi en fin d’après-midi devant le centre Georges Pompidou à Paris, pour protester contre la venue du président russe.
Jacques Chirac était aussi la cible des critiques des manifestants, accusé par les membres de la communauté tchétchène et les représentants d’organisations de défense des droits de l’Homme d’accueillir en France le responsable du récent assassinant du dirigeant tchétchène Aslan Maskhadov.
Les réfugiés tchétchènes, nombreux dans le rassemblement, brandissaient des drapeaux de la république séparatiste caucasienne, ainsi que des portraits, mais aussi des photos du corps de Maskhadov.
"Les Tchétchènes attendent que la France se batte pour eux, que les Français exigent de leurs dirigeants qu’ils interpellent Poutine", a déclaré un porte-parole de la communauté tchétchène en France, Gabriel Maxner. "Maskhadov a donné sa vie pour la liberté des Tchétchènes, mais aussi pour votre liberté à tous", a-t-il ajouté. "Nous vous demandons de vous unir pour aider la Tchétchénie à recouvrir sa liberté".
Dans le public, des banderoles proclamaient : "en Tchétchénie, l’Europe finance le crime contre l’humanité", "Poutine terroriste", ou encore "Kremlin, nid du terrorisme".
"La France a fait beaucoup pour nous. Elle nous a accueillis et nous en sommes reconnaissants", expliquait Hassan Gadaev, 18 ans, jeune réfugié de Grozny, lycéen à Paris. "Mais la tuerie dure en Tchétchénie depuis trois siècles. Personne n’en parle et ça n’est pas normal".
Le 8 mars, le président tchétchène Maskhadov, démocratiquement élu en 1997 sous le contrôle de l’OSCE, était abattu au cours d’une opération des forces militaires russes dans un village de Tchétchénie.
De nombreux représentants d’organisations de défense des droits de l’homme, de partis politiques français et des intellectuels étaient présents à la manifestation, organisée par la Comité Tchétchénie de Paris : les Verts, Amnesty international, le Mouvement pour la Paix, le MRAP, la Ligue des Droits de l’Homme, la Fédération internationale des Droits de l’Homme étaient représentés.
"Nous demandons au gouvernement français de s’impliquer, de faire pression pour que Poutine se mette à négocier avec le représentant tchétchène", a lancé Daniel Mikhaïlovitch, porte-parole du Comité Tchétchénie.
"Ce que Poutine fait en Tchétchénie, c’est apprendre à l’homme russe à obéir. En brandissant le cadavre de Maskhadov, il montre au peuple russe le sort qui l’attend s’il n’obéit pas", a déclaré pour sa part l’écrivain-philosophe André Glucksmann.
A l’issue des diverses interventions, la manifestation s’est ensuite mise en mouvement pour se diriger vers la place de la Bastille.
Pour la première fois, la Russie a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme à dédommager six familles tchétchènes qui avaient porté plainte pour des exactions.
Le 21 mars, une marche pour la paix organisée par des représentants de la communauté tchétchène partira à 14h du parvis des droits de l’homme au Trocadéro, direction Strasbourg et cette même Cour européenne : pendant tout un mois, les marcheurs réclameront le règlement du conflit en Tchétchénie.
Traduit par Tête de Turc
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