| Irak : le futur gouvernement toujours en négociation, les violences font 16 morts |
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30 mars 2005
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BAGDAD, 27 mars (AFP) - Au moins 16 Irakiens ont été tués dimanche, alors que les négociations entre chiites et Kurdes pour la formation du futur gouvernement piétinaient sur le ministère du Pétrole, mais aussi sur la place à accorder aux sunnites, à deux jours de la réunion prévue du Parlement. Par ailleurs, le Premier ministre sortant Iyad Allaoui, un chiite laïc que les négociateurs chiites et kurdes souhaitent faire participer à l’exécutif, a posé comme condition que le clergé n’influence pas le gouvernement.
"Je crois que nous sommes presque prêts et que nous verrons un gouvernement dans les prochains jours", a dit dimanche à la télévision irakienne Ibrahim al-Jaafari, le chef du parti chiite Dawa, pressenti comme prochain Premier ministre.
Les chiites et les Kurdes, principaux vainqueurs des élections du 30 janvier, négocient depuis la fin février pour l’attribution des portefeuilles ministériels.
Les négociateurs chiites refusent la demande de leurs homologues kurdes de diriger le ministère du Pétrole, indiquait samedi soir Saad Java, du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), la principale composante de la liste chiite de l’Alliance unifiée irakienne (AUI).
Quant à M. Allaoui, il a jugé dans un courrier adressé il y a dix jours aux responsables des listes chiite et kurde que "le gouvernement doit être complètement indépendant, sans aucun contrôle par les responsables religieux des dirigeants du gouvernement", selon un membre de son parti, Ibrahim al-Janabi.
Cette demande se rapporte implicitement à l’influence supposée que pourraient faire peser les religieux chiites sur un gouvernement dirigé par Ibrahim al-Jaafari.
M. Allaoui pose comme autre principe que "l’appareil de sécurité irakien soit indépendant et ne soit aux mains d’aucun parti politique".
Selon des sources proches des négociateurs chiites et kurdes, le ministère de l’Intérieur devrait revenir à un chiite présenté par l’AUI.
Pour sa part, la figure religieuse emblématique des chiites irakiens, le grand ayatollah Ali Sistani, a assuré dimanche le représentant spécial en Irak de l’Onu, Achraf Qazi, qu’il n’intervenait en politique qu’en cas de nécessité. Entre-temps, 16 Irakiens ont été tués dans de nouvelles violences, ont indiqué des sources hospitalières et de sécurité, alors qu’un attentat suicide à la voiture piégée a été commis dans la soirée au passage d’un convoi militaire américain à Mossoul (nord), sans qu’il n’ait été possible de savoir s’il avait fait des victimes.
Au nord de Bagdad, un ancien lieutenant-colonel de l’armée a été abattu à Baaqouba alors qu’il se trouvait dans une boutique, tandis que non loin de la ville, trois activistes du CSRII ont été tués sur la route par des inconnus.
A Dhoulouiyah, un soldat a été tué et un autre blessé par l’explosion d’un obus de mortier tiré sur un poste de l’armée. Et à Balad, un tir de mortier a tué un soldat et en a blessé deux autres.
Plus au nord, quatre policiers ont été tués et six autres blessés dans une attaque contre leur poste à Tal Afar, où des accrochages entre insurgés et soldats ont d’autre part fait un tué et six blessés.
Près de Mossoul, "le chauffeur de camion d’un convoi protégé par des forces américaines a été tué par des tirs d’inconnus".
Au sud de Bagdad, un corps a été découvert dans un champ près de Mahmoudiyah. Il aurait été tué il y a trois jours d’une balle à la tête.
A Bagdad, deux policiers ont été tués, alors qu’un garde du ministère de la Technologie et des sciences a été tué par un garde en faction devant le bâtiment, lors d’une manifestation contre une réduction de salaire.
La police a par ailleurs fait état de la découverte du corps décapité d’un soldat samedi.
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