| Turquie / Arménie : 90 ans de déni, ça suffit ! |
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24 avril 2005
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(Tete de Turc) En ce 24 avril 2005, nous nous inclinons très respectueusement à la mémoire des victimes turques et arméniennes de la tragédie de 1914-1922 survenue durant la Première Guerre Mondiale en Anatolie orientale.
Malheureusement, comme chaque 24 avril, nous constatons avec indignation et regret que l’amnésie collective est à l’oeuvre un peu partout en Occident. Le déni de mémoire et de justice y est devenu norme incontestable et incontestée. L’implacable machine médiatique y érige en dogme absolu une histoire tronquée et mutilée.
Comme chaque année, en effet, l’extermination de centaines de milliers de Musulmans par les Arméniens, entre 1914 et 1922, est niée et occultée. Un mur de silence étouffe le souvenir des atrocités et des massacres de masse perpétrés par les Arméniens. Pas un mot dans les médias pour rappeler la souffrance endurée par le peuple turc.
Le choix a donc été fait de ne commémorer que la mémoire des victimes chrétiennes. La discrimination, poussée à son paroxysme, est devenue occultation et négation : les centaines de milliers de morts musulmans sont tout simplement effacés des consciences.
Les opinions publiques européennes semblent s’accommoder sans mal de ce devoir de mémoire à géométrie variable. Quitte à y perdre de leur âme... Car une injustice d’une telle infamie n’est en rien compatible avec les valeurs humanistes défendues par l’Europe.
La Turquie, elle, n’acceptera jamais une lecture de l’histoire qui proclame l’inégalité entre les hommes et qui nie la souffrance et la douleur de son peuple.
Des millions de Turcs ont été victimes de la purification ethnique pratiquée dans les Balkans par les Grecs, les Bulgares, les Macédoniens, les Serbes, et dans le Caucase, par les Russes. Du milieu du 19ème siècle aux Guerres Balkaniques (1912-1913), des centaines de milliers de Turcs ont été exterminés. Le patrimoine culturel et des siècles de présence turcs ont été éradiqués, quartiers, villages et mosquées rasés et détruits. A ce profond traumatisme s’est ajouté le cataclysme de la Première Guerre Mondiale. Au milieu du chaos, Turcs et Arméniens se sont livrés un combat à mort, les premiers ont lutté pour leur survie, les seconds ont massivement pris les armes à la poursuite d’une folle chimère, la création d’une Grande Arménie indépendante sur les décombres de l’Empire ottoman. De part et d’autre, des atrocités ont été commises. Mais l’Europe ne retient aujourd’hui que la douleur arménienne. Or, pas moins que les Arméniens, les Turcs ont souffert et payé le prix du sang.
Si l’Europe veut rester fidèle à ses principes, elle se doit de porter un regard juste sur la tragédie de 1914-1922 et de respecter toutes les mémoires, qu’elles soient arméniennes ou turques. En l’état, les commémorations du 24 avril auxquelles nous assistons depuis plusieurs années portent en elles les germes de la discrimination, de la négation et de la haine. L’occultation des crimes arméniens et l’irrespect témoigné à l’endroit des morts musulmans sont non seulement indécents, ils blessent profondément la nation turque. Ils alimentent en permanence un vif sentiment d’injustice et empêchent la réconciliation turco-arménienne tant attendue. Laquelle ne peut d’ailleurs reposer que sur une reconnaissance des responsabilités partagées et l’expression d’un pardon mutuel pour les tragiques événements qui ont endeuillé l’Anatolie.
Il est intolérable que, sous la pression des puissantes communautés de la diaspora arménienne, l’Europe, et en premier lieu la France, s’aligne sur la "thèse officielle arménienne", pour reprendre la formule d’un intellectuel arménien d’Istanbul. [1]
Le devoir de mémoire exige vérité et reconnaissance pour toutes les victimes, quelles que soient leur race ou leur religion. Nous en sommes très loin. La mémoire bafouée des centaines de milliers de Musulmans massacrés par les Arméniens attend toujours réparation et justice.
Nous n’oublierons pas, nous n’oublierons jamais.
L’équipe de Tête de Turc
24.04.2005
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