| Turquie/Suisse/Arménie : La Turquie fait bloc contre la Suisse pour défendre l’historien Yusuf Halaçoğlu |
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6 mai 2005
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(Tête de Turc) - Les élites turques ont unanimement condamné la décision d’un procureur suisse d’ouvrir une enquête pénale contre l’historien Yusuf Halaçoglu pour un discours qu’il a tenu le 2 mai 2004 à Zurich, dans lequel il conteste, documents historiques à l’appui, la thèse arménienne de "génocide".
Les principaux détracteurs de Yusuf Halaçoglu, avec lesquels l’éminent historien débat depuis plusieurs semaines en Turquie sur les tragiques événements de 1914-1922, ont également exprimé leur solidarité.
Dans son édition du 3 mai, le quotidien turc Hürriyet rapportent ainsi les propos de quatre personnalités turques défendant des positions sensiblement différentes de celles de Yusuf Halaçoglu.
"Je trouve particulièrement démagogique le fait que les parlements et les gouvernements votent des lois sur de tels sujets. Même si je ne partage pas ses points de vue, il est hors de question que j’approuve qu’on enlève au Professeur Halaçoğlu son droit à exprimer ses opinions" a déclaré le Prof. Dr. Mete Tunçay de l’Université Bilgi.
"Cette décision est une violation intolérable de la sphère scientifique par le droit et la politique. C’est un scandale. Le fait que les parlements ou les diverses institutions de pays tiers décident de ce qui s’est passé ou non dans l’histoire est une ingérence que la science libre n’acceptera jamais. Ce n’est qu’en débattant librement que l’on approchera de la vérité. Je suis contre les opinions du professeur Halaçoğlu mais je trouve absolument inacceptable, au nom de la démocratie et de la science, qu’on l’empêche de défendre ses opinions dans le cadre de la liberté scientifique" a pour sa part affirmé le Prof. Halil Berktay de l’Université Sabancı.
Même indignation du côté des intellectuels turcs d’origine arménienne.
"Je condamne cette décision. De telles décisions affaiblissent la lutte contre le génocide au lieu de la renforcer. Ce n’est rien d’autre que de l’excès. De surcroît, en l’état, cette décision est contraire aux droits de l’homme, à la liberté d’expression et d’opinion, et au principe du débat. J’affirme ouvertement que je serais aux côtés du Professeur Yusuf Halaçoğlu mais aussi de toutes les victimes de telles décisions injustes" a dit Hrant Dink, le directeur de la publication du quotidien turco-arménien Agos.
"Je ne donne aucun sens à de telles décisions qui ne contribuent à rien d’autre que politiser l’affaire. En outre, du point de vue de l’histoire, les décisions de ce genre ne peuvent être permanentes. Plus la liberté de pensée est grande, plus l’absence de mesure et de qualité apparaît de façon évidente. Je ne partage pas du tout les opinions du professeur Halaçoğlu mais je défendrai toujours son droit à les exprimer" a de son côté déclaré le journaliste Etyen Mahçupyan.
Avec Hürriyet, 03.05.2005
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