| 65% des internautes jugeraient positivement l’abandon par la Turquie du projet de loi faisant de l’adultère un délit passible d’un an de prison |
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21 septembre 2004
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7% des internautes qui se sont exprimés* jugeraient au contraire négativement un tel abandon et 21% ne porteraient ni jugement positif, ni jugement négatif.
Annoncée la semaine dernière incertaine en fin de semaine, la décision de la Turquie de renoncer à son projet de loi sanctionnant l’adultère constitue un enjeu très important aux yeux des internautes. Cet abandon est encore plus attendu par les sympathisants de gauche (à 78%), plus favorables, on le sait, à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, que par ceux de droite (à 56%).
C’est qu’aux yeux de l’immense majorité du public occidental, l’adultère ne saurait être qu’une affaire strictement privée excluant par définition l’intervention du législateur. Ainsi 82% des interviewés considèrent qu’aucune sanction ne saurait s’appliquer. Il est cependant intéressant de constater que si cette opinion est partagée par les internautes-catholiques (à 81%), protestants (à 75%) ou juifs (89%), elle est contestée en revanche par les internautes de confession musulmane, qui adhèrent moins volontiers à la distinction entre la sphère privée et la sphère publique : 52% d’entre eux sont ainsi partisans de sanctions - 18% par une simple amende, 10% par la prison avec sursis et 24% allant jusqu’à la prison ferme. Seuls 36% ne souhaitent aucune sanction et 12% sont sans opinion.
Si la Turquie renonce à ce projet de loi, ce sera, aux yeux des répondants, grâce aux pressions de l’Union européenne (62% le pensent) plutôt qu’aux manifestations qui ont eu lieu en Turquie (15%). Au demeurant, alors que l’opinion publique reste presque aux deux tiers hostile à l’entrée de la Turquie, 56% des internautes reconnaissent pourtant que l’ouverture des négociations d’adhésion -attendue pour la fin de l’année- constituera bel et bien un facteur de démocratisation de ce pays. Une partie importante des internautes hostiles à l’adhésion - 33%- partagent cet espoir d’établir un cercle vertueux entre l’Union et son postulant.
Ce résultat est en cohérence avec la constatation une fois encore vérifiée que plus on est attaché à la construction d’une Europe fédérale, plus on est favorable à l’adhésion de la Turquie d’ici dix à quinze ans : à 46% parmi les plus fermes partisans, à 37% parmi les partisans plus tièdes, à 21% seulement parmi les autres. A l’inverse de la position défendue par un parti comme l’UDF, les plus européens sont donc les plus favorables à la Turquie dans l’Union, parce qu’ils croient sans doute à la capacité de l’Union de grandir tout en diffusant son propre modèle.
Jérôme Jaffré
*Résultats recueillis auprès d’internautes venus s’exprimer volontairement. Enquête encore en cours et ouverte à tous.
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