| Turquie / Arménie : Erdogan répond sèchement à une provocation de Kotcharian |
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20 mai 2005
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(Tête de Turc) - Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a sèchement répondu au président arménien Robert Kotcharian qui, dans son discours prononcé aujourd’hui lors du sommet des pays membres du Conseil de l’Europe à Varsovie, a évoqué une nouvelle fois les allégations de "génocide".
Dans un discours de 6 minutes prononcé en russe, Robert Kocharian a indiqué que les efforts de l’Arménie visaient à "une reconnaissance internationale du génocide arménien perpétré en Turquie Ottomane" tout en remerciant "les pays qui ont soutenu l’Arménie dans cette démarche".
Réplique immédiate de Recep Tayyip Erdogan, qui a tenu une conférence de presse au chateau royal de Varsovie pour réfuter les allégations "sans fondement" de "génocide" arménien. "Ces allégations sont totalement sans fondement. La Turquie ne les acceptera pas. Nous avons déjà ouvert toutes nos archives. C’est au tour de l’Arménie et des autres pays tiers d’ouvrir les leurs aux historiens, aux juristes et aux scientifiques. Vous ne pourrez pas tromper le monde en parlant de ’génocide’ pour ceux qui sont morts en migration. Constituer des lobbies pour faire adopter par des parlements des résolutions sans fondement ne nous liera jamais. (...) Il serait bon, y compris pour l’Arménie, de ne plus mettre ces allégations à l’ordre du jour. La Turquie a reconnu l’Arménie. Si les relations diplomatiques ne se développent pas, les Arméniens en sont responsables. L’Europe aussi considèrent que les Arméniens sont des occupants. Ont-ils évacué le Haut-Karabakh ? Non. Qu’ils fassent donc d’abord ce qui leur incombe" a-t-il déclaré.
En réponse à une question concernant le projet de loi liberticide en débat au Sénat belge sur la pénalisation de la contestation de la thèse arménienne de "génocide", Erdogan a affirmé ne pas comprendre "comment un pays non concerné pouvait prendre une telle décision", avant de mettre en garde : "S’ils adoptent la résolution, la Turquie lancera une nouvelle initiative par l’adoption des résolutions semblables par notre Assemblée nationale contre les pays qui avaient commis le génocide dans le passé. Jusqu’ici quinze pays ont adopté de telles résolutions. Nous commenceront d’abord par adoptant des résolutions contre ces pays".
Lors d’une conférence de presse qu’il avait tenue en Hongrie pendant sa visite officielle, le 12 mai, le chef du gouvernement turc avait déjà adressé une mise en garde similaire : "Quelques pays amis ou neutres ont présenté la question à leurs parlements et l’ont soumise à un vote. Personnellement, je ne comprends pas dans quel cadre de légalité internationale ces votes s’inscrivent. Je pourrais aussi inscrire à l’ordre du jour de notre Parlement de prétendu génocide commis par d’autres pays et voter de telles lois. Les 15 pays dont les Parlements ont reconnu le prétendu génocide arménien ont commis des génocides dans le passé."
Avec Milliyet, Radikal et Cumhuriyet, 17.05.05
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