| Arménie / Turquie : "Le Tigre en flammes", Peter Balakian : critique de l’historien Andrew Mango |
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26 mai 2005
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Source : Critique dans le supplément littéraire du Times du 17 septembre 2004 (No 5294)
Par ANDREW MANGO
Peter Balakian : "Le Tigre en flammes. Le génocide arménien et la réponse de l’Amérique et de l’Occident", 474pp. Heinemann.
Il est aisé de comprendre la colère et l’angoisse des nationalistes arméniens. Ils ont le regard tourné vers leur terra irredenta, l’Arménie historique qui se trouve presque entièrement en Turquie, et dans laquelle s’érigent les ruines de monuments témoins de la brillante culture des Royaumes d’Arménie, avant la conquête turque à partir du XIème siècle. Mais il n’y a aucun irredenti en Arménie historique ou en quelconque autre partie de l’Asie Mineure. Ni non plus le moindre espoir d’une reconquista. La population de la République d’Arménie, pays du Sud du Caucase peu étendu et sans accès maritime, a chuté de plus de trois millions à l’époque de la dissolution de l’Union Soviétique à environ deux millions de nos jours. Un cinquième du territoire de la République voisine, la République de l’Azerbaïdjan, que les Arméniens ont occupée, se trouve en grande partie vide suite à la fuite de près d’un million d’Azéris. Il n’y a pas suffisamment d’Arméniens pour conserver les récentes conquêtes, occupés à peupler leur terra irredenta en Turquie. Pourquoi en est-on arrivé à une situation aussi désolante ? ...
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