| France : « Une violation du droit d’asile et un mépris des personnes » |
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10 juin 2005
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Par Dominique SIMONNOT
mercredi 08 juin 2005 (Liberation - 06:00)
Publié au Journal officiel du 31 mai, un décret du ministère de l’Intérieur restreint radicalement les possibilités de demander l’asile en France et change profondément la nature des centres de rétention. Laurent Giovannoni est secrétaire général de la Cimade, l’organisation qui intervient dans ces centres. Il parle ici « d’une régression scandaleuse ».
Quelles sont vos principales critiques sur ce décret ?
Sur au moins quatre points, il remet très sérieusement en cause les droits fondamentaux des étrangers. D’abord avec la consécration de centres de rétention d’énormes dimensions, allant jusqu’à 140 places. Or nous voyons déjà aujourd’hui, au Mesnil-Amelot (près de l’aéroport de Roissy), ce que crée une telle promiscuité. Il ne s’y passe pas un jour sans un incident grave. La semaine dernière, une femme enceinte de cinq mois a perdu son bébé. Cette histoire a entraîné, le lendemain, un mouvement de protestation dans le centre, et un retenu a eu l’arcade sourcilière éclatée et le nez cassé. Selon les gendarmes, il se serait cogné contre un mur. Il y a trois jours, un Tunisien, marié à une Française, s’est enduit le corps d’excréments et s’est tailladé les bras pour ne pas embarquer. Avec tant de monde en rétention, il n’y a plus aucune possibilité de relations humaines entre les personnes quelles qu’elles soient : retenus, gendarmes, policiers, intervenants sociaux, médicaux... C’est le désespoir. En janvier 2004, nous avions eu l’assurance du ministre de l’Intérieur que les centres ne dépasseraient pas 100 places, cet engagement n’est pas tenu.
Comment se passent les demandes d’asile ?
Le décret prévoit que les retenus devront payer eux-mêmes un interprète pour formuler leur demande, la rédaction en français du dossier Ofpra étant obligatoire sous peine d’irrecevabilité depuis août 2004. On oblige donc des gens démunis et privés de liberté à payer un traducteur. Nous sommes face à une violation caractérisée du droit d’asile et à un mépris total des personnes. C’est absolument kafkaïen.
Vous vous insurgez aussi contre la possibilité d’enfermer des mineurs dans ces centres...
Les pouvoirs publics ont l’intention de placer de plus en plus de mineurs en rétention. Or ces centres sont des lieux traumatisants et destructeurs pour les enfants. Nous les voyons, affolés, choqués, ne comprenant pas que leurs parents soient traités en délinquants. Et cela au-delà du fait que les mineurs n’ont rien à faire dans des lieux aussi violents ! J’ajoute que des normes avaient été établies, en mars 2001, pour rendre plus dignes les conditions de rétention. Un délai d’adaptation de trois ans était prévu, il avait été prolongé d’un an et il vient d’être à nouveau repoussé de deux ans. C’est inadmissible. Nous demandons à ce que tous les lieux ne correspondant pas aux normes prévues en 2001 soient immédiatement fermés.
Pensez-vous, comme le dénoncent les sénateurs PS il y a un mois, que les étrangers ne sont pas traités comme des personnes humaines ?
C’est vrai, la priorité absolue du gouvernement est de renvoyer de plus en plus d’étrangers en négligeant complètement les droits et le respect des gens.
Vous comptez sur Nicolas Sarkozy, le nouveau ministre de l’Intérieur, pour abroger ce décret ?
Nous avons été consultés par le cabinet de Dominique de Villepin tout au long de la phase d’élaboration de ce décret, mais aucune de nos demandes n’a été retenue. Nous allons donc demander au ministre de l’Intérieur de reprendre ce décret et d’y apporter d’urgence les corrections qui s’imposent.
Forum de cet article:
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> France : « Une violation du droit d’asile et un mépris des personnes »
29 juin 2005, par quentin bernadettte
j’ai honte d’être française avec ce gouvernement qui arrête des mineurs en pleine classe, devant les autres écoliers alors que la mère peut prouver sa nationalité, le droit d’asile j’ai essayé il y a quelques années (vers 84 et jusqu’à 91) de le faire respecter avec des parents d’enfants français, on a gagné 3 fois pour éviter l’expulsion mais après la préfecture et la ’justice’ ont fait les comptes des failles et on n’a plus rien gagné, qui a le droit de rentrer voir ce qui se passe ds les centres de rétention, la cimade je crois mais personne d’autre, et je crois même que c’est des emplyés français des aéroports qui ont dénoncé les conditions de détention, comment faire pour exiger le retrait de ce décret ? ds la mesure de mes moyens je suis prête à aider depuis le net, au fait j’ai une belle fille sierra léonaise qui vient d’obtenir sa carte de 10 ans après 4 ans d’attente, mariée à un français et mère d’enfant français, et c’est pas par l’OFPRA que c’est passé elle a été déboutée
et à Evreux nous avons nos 2 Chinois qui viennet d’être majeurs et que l’on veut expulser et il y en a d’autres encore ds tte la france que l’on dit "terre d’asile" au fait je crois que ce sont surtout les pays pauvres qui accueillent
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