| Interview de l’historien Hikmet Özdemir |
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18 juillet 2005
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Une interview avec Hikmet Özdemir, historien spécialiste de la question arménienne.
DIE WELT
DIE WELT : Monsieur Özdemir, pourquoi seulement maintenant, la Turquie organise-t-elle un débat autour de la tragédie arménienne ? Avait-on honte ou le sujet était trop risqué politiquement ?
Hikmet Özdemir : C’est une bonne question. Je me la suis souvent posé moi-même. Je crois que tout cela est en relation avec tous les conflits sanglants, aux expulsions et aux migrations de 1911-1923. Atatürk a fait après cela une politique de "réhabilitation". Ne pas ouvrir les blessures douloureuses à nouveau, était une manière de se reposer du traumatisme. Mais maintenant dominent d’autres conditions.
DIE WELT : Il semble y avoir aussi un grand préjugé - en effet qu’il n’y aurait aucun génocide.
Özdemir : Nous n’avons aucun préjugé. Le premier ministre Erdogan a proposé de créer une commission d’historien internationale avec la participation des grandes puissances de cette époque-là. Alors là toutes les parties concernées doivent mettre leurs documents sur la table, et s’il en sort qu’il y a eu un génocide, nous l’accepterons.
DIE WELT : Pourquoi une discussion ouverte est si difficile en Turquie ? Est-ce parce que la pression politique pour couvrir certaines positions est trop fort ?
Özdemir : Il n’y a aucune pression politique dans le débat Arménien chez nous.
DIE WELT : Pardon ? Récemment, une conférence internationale a été annulée à ce sujet à Istanbul après que le ministre de la justice ait prononcé des attaques verbales contre les organisateurs.
Özdemir : La conférence aurait pu avoir lieu. Personne n’a contraint les organisateurs. Je regrette que la conférence n’ait pas lieu, mais cela me parait plutôt pour des raisons de propagande pour faire l’unanimité contre la Turquie.
DIE WELT : Le Bundestag allemand a demandé à la Turquie de se placer face à son passé.
Özdemir : L’Allemagne a manqué une grande chance. Ce serait l’intermédiaire idéal dans cette question. Au lieu de cela elle est devenu un juge unilatéral en outre sans nous écouter. Le premier ministre Erdogan avait proposé de m’envoyer à Berlin pour expliquer notre compréhension des événements. Les Allemands ont refusé.
DIE WELT : Quels arguments accepteriez-vous donc pour approuver la thèse du génocide ?
Özdemir : Si quelqu’un montre un document d’où il ressort que le gouvernement projetait la destruction des Arméniens, alors j’accepterai cela. Mais actuellement le cas est contraire. Les Arméniens luttaient contre nous, et leur déportation devenait nécessaire pour les raisons militaires. Avec cela il ressort de tous les documents que le gouvernement s’efforçait de protéger les civils, même l’expulsion a été déplacé de l’hiver pour le printemps pour ménager les personnes. Que certains soient morts était la conséquence des troubles de la guerre, du temps, des circonstances primitives.
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