| Le Prix W. Eugène Smith 2004 attribué à Stanley Greene |
Pour réagir à cet article, cliquez ici
|
25 septembre 2004
|
Stanley Greene est le lauréat 2004 du prestigieux Prix W. Eugène Smith pour son important travail sur la guerre en Tchétchénie et son projet sur les républiques du Caucase “Chalk Lines : The Caucasus” La cérémonie de remise de Prix aura lieu lundi 18 octobre, au théâtre HBO, à New York. Le projet “Chalk Lines” en quelques mots : il s’agira d’une enquête photographique sur le Caucase (la Mer Caspienne, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Géorgie, la Tchétchénie, l’Ingouchie et le Daghestan) qui sera un portrait détaillé des principaux acteurs de cette région où se joue une profonde tragédie humaine : les militaires, les milices, les rebelles, les multinationales, les politiciens locaux, les travailleurs, les paysans, les familles er les enfants.
“Après de nombreuses années de travail dans cette région, ce projet est pour moi comme un retour sur le lieu du crime” Stanley Greene.
Stanley Greene est né à New York en 1949. Fils de comédiens, il est élevé dans un environnement artistique, et étudie la peinture et le dessin. Ce n’est qu’en 1970 qu’il découvre la photographie, quand il rencontre Eugène Smith qui lui demande de travailler avec lui. En 1972, Stanley rentre à l’Ecole des Arts Visuels de New York, qu’il trouve bien vite “trop commerciale” et décide de rejoindre, en 1973, the Image Works à Cambridge, Massachussets, qui dispense une formation moins rigide et plus personnalisée. Puis, en 1975, il part à San Francisco suivre les cours du San Francisco Art Institute dont il sortira en 1980, BFA et MFA (Master of Fine Arts) de photographie en poche. C’est en 1975 qu’il fonde, avec 5 autres photographes, la Camera Work Gallery qui s’inscrit dans le mouvement avant-gardiste Photography and Language Art Movement qui présentait des photographes jusqu’alors inconnus, tels Wegman et Witkin. En 1976, il part à Paris et organise, avec Jean-Claude Lemagny de la Bibliothèque Nationale de France, une exposition sur la photographie française contemporaine. Dès 1980, il travaille pour Rolling Stone, San Francisco Examiner... En 1984, il suit la campagne présidentielle américaine pour Newsweek, et en 1986, il s’installe à Paris et commence à couvrir les conflits internationaux pour Libération, New-York Times Magazine, Stern, Newsweek, Globe, Times, Paris-Match... : la chute du Mur de Berlin en 1989, l’évolution politique en Europe de l’Est et en Russie, puis le déclin du communisme et l’éclatement de l’Union soviétique... et c’est le début d’une nouvelle approche du photojournalisme pour Stanley. En 1991, il intègre l’Agence VU.Il part ensuite au sud-Soudan où la famine et la guerre font rage. Puis, il part en Inde, à Bhopal, pour un sujet sur le drame et le scandale de l’empoisonnement de l’Union Carbide. En Octobre 1993, il est le seul journaliste occidental à vivre le putsch de Moscou, de l’intérieur-même du Parlement russe. Deux de ses images seron primées (World Press Awards). L’été 1994, avec Médecins Sans Frontières, il suit l’intervention de l’urgentiste face à l’épidémie de choléra qui sévit au Zaïre et au Rwanda. De 1994 à 2001, Stanley Greene se consacre à la Tchétchénie. Dès 1995, Actes Sud édite un premier ouvrage sur une partie de ce travail “Dans les montagnes où vivent les aigles”. D’autres images accompagnent “The man who tried to save the world” de Scott Anderson sur la disparition mystérieuse de Fred Cuny ainsi que le livre d’Anna Politkovskaïa “A dirty war : a russian reporter in Chechnya”. C’est, comme il le dit luimême, “une façon de parler et de rendre compte d’uneréalité à travers une expression personnelle et artistique”.
Ses Prix les plus récents
2004 : 1er Prix World Press Photo - Catégorie “Vie quotidienne”
2002 : Prix Scam Roger Pic - Sélectionné pour “Tchétchénie, plaie à Vif”
2001 : 3ème Prix du World Press Photo, catégorie portrait, pour “les victimes oubliées” (Les réfugiés tchétchènes, rescapés des bonbardements de
Tchétchénie)
2000 : 3ème Prix Bayeux des Photographes de Guerre pour “les victimes oubliées”
1999 : Prix de la Fondation Alicia Patterson pour “Le prix du Caucase”.
Son dernier livre
“Plaie à vif, Tchétchénie 1994 à 2003 ”, Trolley Ed, Textes de André Glucksmann, Christian Caujolle et Philippa Neave
Sa dernière grande exposition
“Fragments de guerre” - janvier/mars 2004 - Galerie VU, Paris
(d’après le communiqué de presse)
Laurent Fabry
|