| Maroc : L’adhésion de la Turquie à l’UE aurait de lourdes conséquences sur l’économie marocaine |
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24 juillet 2005
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LE MATIN | 21.07.2005 | 16h41
L’extension de l’accord d’Agadir à la Turquie est l’une des solutions à envisager
La perspective d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, dont l’ouverture des négociations est prévue pour le 3 octobre prochain, serait lourde de menaces pour l’économie marocaine, en raison de la proximité des structures d’échanges et de production des deux pays. C’est ce que révèle une récente étude d’impact de cette adhésion sur l’économie du Royaume, menée par la direction des études et des prévisions économiques, du ministère des Finances et de la Privatisation.
En effet, selon ce rapport, cette éventualité fait craindre une concurrence politique, économique et financière de nature à affaiblir l’intérêt que l’UE est susceptible de porter au Maroc, détournera l’investissement direct étranger et, en fin de compte, aura un impact négatif sur la dynamique de croissance de l’économie nationale.
Ainsi, en l’absence d’une véritable dynamique de rattrapage et de mise à niveau économique, l’accord de libre-échange signé entre le Maroc et la Turquie en avril 2004 peut se révéler défavorable pour l’économie nationale, affirment les auteurs de cette étude, dont CGEM Info a fait écho. « Cet accord ne répondrait alors qu’au souci d’équilibre et de réciprocité recherché par la politique turque vis-à-vis des pays méditerranéens. Il ne saurait être un instrument adéquat pour l’approfondissement du dialogue et des relations économiques et commerciales bilatérales, encore moins une étape vers l’approfondissement de l’intégration régionale dans la perspective de la zone de libre-échange euroméditerranéenne prévue en 2010 », précisent-ils.
Il est à noter que la phase de préparation de la Turquie à l’adhésion à l’Union européenne devra être lancée au même temps que l’accord de libre-échange entre le Maroc et la Turquie, qui a pour objectif de renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays. En 2003, ceux-ci ont atteint à peine 2,5 milliards de DH, soit moins de 1% des échanges extérieurs du Royaume et ne devront pas dépasser 3,7 milliards de DH en 2004, selon l’Office des changes.
Pour prévenir cet impact négatif, l’étude recommande une stratégie basée sur « l’accélération de modernisation et de mise à niveau du tissu productif du pays et de conduire des politiques économiques suffisamment réactives prenant en compte les mutations de l’environnement national et international ». Il s’agit notamment des réformes de seconde génération qui devront porter sur le renforcement de l’offre de l’économie marocaine, sur l’amélioration de l’éducation et sur l’intégration régionale.
Concernant ce dernier point, la construction maghrébine peut être, selon cette étude, une solution pour contourner l’exiguïté du marché local, « en favorisant l’établissement d’un véritable espace pan-euro-méditerranéen, qu’il s’agisse des règles d’origine, de normes industrielles ou de coûts de transport, et qui s’avère nécessaire pour favoriser l’avantage comparatif régional et accroître l’attrait des investissements internationaux ».
La direction des études et des prévisions économiques estime également, à ce sujet, que l’extension de l’accord d’Agadir à la Turquie constituera une avancée décisive en matière d’intégration régionale.
Et de conclure qu’ « une différenciation accrue des produits et l’existence de rendements d’échelle croissants permettront d’instaurer une division verticale du travail, condition nécessaire pour favoriser les complémentarités et induire une augmentation des échanges ».
Par ailleurs, la date d’ouverture des négociations avec Ankara avait été fixée au 3 octobre 2005 par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. Mais les Etats membres doivent encore approuver le cadre dans lequel se dérouleront les négociations. Ainsi, selon la présidence britannique de l’UE, les ministres européens des Affaires étrangères discuteront début septembre de ce sujet qui reste controversé, à cause de certaines pré-conditions que la Turquie devra remplir au préalable, notamment en ce qui concerne la question de Chypre.
En outre, après avoir connu en 2001 la crise économique la plus grave de son histoire récente, la Turquie a réalisé des progrès considérables, notamment en réduisant les déséquilibres macroéconomiques. L’économie turque s’est donc fortement redressée et réalise aujourd’hui l’un des taux de croissance les plus rapides dans la zone de l’OCDE. Toutefois, pour que cette croissance soit durable, le pays a besoin de s’adosser à un groupement régional puissant, tel que l’Union européenne.
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