| Pierre Lellouche : « On serait fou de dire non à la Turquie » |
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25 septembre 2004
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SECRETAIRE général adjoint de l’UMP chargé des études, Pierre Lellouche est un fervent avocat de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Jean-Pierre Raffarin semble réticent devant la candidature turque. « Voulons-nous que le fleuve de l’islam rejoigne le lit de la laïcité ? » s’interroge-t-il.
Pierre Lellouche. Je crois, au contraire, qu’il faut tout faire pour que la rivière de l’islam se noie dans l’océan de la démocratie et des droits de l’homme. Je suis d’ailleurs convaincu que l’islamisme sera vaincu de cette façon : par l’égalité homme-femme, par la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Nous avons à côté de nous un grand pays musulman et laïc qui veut partager nos valeurs. Il fait les réformes nécessaires. Nous serions fous de lui dire non. Ce serait une erreur stratégique majeure. L’objectif de l’Union n’est pas de fabriquer un club chrétien ni un club de riches mais de réunifier l’Europe dans la paix et la prospérité.
« Un processus difficile » L’UMP s’est prononcée contre la Turquie... Dans cette affaire, je suis, moi, beaucoup plus en accord avec Jacques Chirac. Faire de la Turquie un enjeu de politique franco-française ou du prochain référendum, c’est polluer le débat. Certains jouent avec la peur : c’est indigne. La Turquie, ce n’est pas l’islamisme ni le terrorisme. Au nom de la crainte de l’islam et des Arabes, on est en train de dire non pour de mauvaises raisons. La Commission européenne semble donner son feu vert... Ce n’est que l’opinion du commissaire chargé de l’élargissement, Günter Verheugen. Cela dit, l’essentiel des critères requis par la Commission ont été observés par la Turquie : le gouvernement Erdogan a fait voter pas moins de 460 lois, qui représentent des efforts considérables. Ce qui m’a également frappé lors d’un récent voyage en Turquie, où j’ai rencontré l’essentiel du personnel politique, les présidents des communautés juive et arménienne, et des intellectuels, c’est de voir à quel point le pays est mobilisé pour entrer dans l’Europe. La Turquie a pourtant voulu pénaliser l’adultère... Il n’y a pas si longtemps, dans un certain nombre de pays catholiques d’Europe de l’Ouest, la pénalisation de l’adultère existait, et n’a disparu que récemment. Ce qui est intéressant, c’est qu’entre cette demande de pénalisation voulue par les députés de son parti et l’opposition de l’Union, le Premier ministre a choisi l’Europe. Mais c’est un processus difficile pour la Turquie.
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