| Perinçek harcelé en Suisse pour avoir réfuté la thèse du ’génocide’ arménien |
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26 juillet 2005
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(Tête de Turc, 26.07.05) - Le chef du Parti des Travailleurs turcs (IP, gauche), Dogu Perinçek, a une nouvelle fois contesté la thèse arménienne de "génocide" durant des réunions publiques en Suisse, en marge des célébrations du 82ème anniversaire du Traité de Lausanne, acte fondateur de la République de Turquie.
A l’initiative de plusieurs organisations de la société civile turque, une grande manifestation et des conférences ont été organisées en Suisse durant trois jours pour commémorer la signature du Traité de Lausanne, le 24 juillet 1923. A cette occasion, Dogu Perinçek a fait le déplacement à Lausanne accompagné de nombreux militants de son mouvement.
Lors d’une conférence de presse tenue vendredi 22 juillet à Opfikon-Glattbrugg (ZH), le chef du Parti des Travailleurs a déclaré devant une salle comble que la thèse arménienne de "génocide" était un "mensonge des impérialistes". Ces propos lui ont valu d’être entendu durant deux heures, le lendemain, par le procureur suisse Rolf Jaeger, avec l’accord de l’intéressé et l’autorisation du Consulat turc de Zurich, dans le cadre d’une enquête ouverte par le Ministère public de Winterthour (ZH) pour violation présumée de la norme pénale contre le racisme. Deux avocats, Nusret Senem, du Barreau d’Ankara, et Suat Fert, avocat suisse d’origine turque, ont assisté Perinçek durant l’audition, tandis que de nombreux autres avocats et présidents de barreaux, dont celui d’Izmir, Nevzat Erdemir, étaient rassemblés devant le siège du Parquet.
Dogu Perincek était déjà sous le coup d’une procédure analogue dans le canton de Vaud pour des propos similaires tenus en mai dernier à Lausanne. La plainte avait alors été déposée par l’Association Suisse-Arménie, la principale organisation de lobbying arménien en Suisse. Cette même association est à l’origine d’une autre enquête pénale ouverte par le Ministère public de Winterthour dirigée cette fois contre l’historien turc Yusuf Halacoglu, pour des propos réfutant la thèse arménienne de "génocide" tenus en mai 2004 à Winterthour.
Le ministre des Affaires étrangères et l’ensemble des grands médias turcs ont vivement réagi et condamné l’interrogatoire de Dogu Perinçek. Dans une interview accordée au quotidien Hürriyet, le 25 juillet, le chef de la diplomatie, Abdullah Gül, juge "inacceptable" et "absolument contraire au principe de la liberté d’opinion" l’audition de Perinçek. "Nous ne pouvons accepter un tel comportement envers un leader politique turc. De telles actions sont-elles envisageables pour un pays comme la Suisse ?" a-t-il déclaré.
Lundi, le ministère suisse des Affaires étrangères avait pris note des différentes déclarations parues dans les médias, a indiqué son porte-parole Ivo Sieber qui n’a pas voulu faire de commentaire. "Nous appliquons la séparation des pouvoirs" s’est-il contenté de dire.
La justice vaudoise aurait souhaité profiter de la présence de Dogu Perinçek sur le sol vaudois pour l’entendre. Elle a émis un mandat de comparution à son encontre, mais le leader turc a répondu que son emploi du temps ne lui permettait pas de se libérer ce jour-là. Il sera entendu ultérieurement, a indiqué Gislaine Carron, porte-parole de la police lausannoise.
Loin d’intimider les Turcs venus nombreux en Suisse, le harcèlement judiciaire dont est victime Dogu Perinçek a poussé plusieurs centaines de personnalités, réunies au Beau-Rivage Palace où fut signé le Traité de Lausanne, à voter une résolution symbolique condamnant les allégations arméniennes de "génocide". Ces personnalités, dont de nombreux universitaires, syndicalistes, avocats, élus... ont exprimé leur solidarité avec Dogu Perinçek et Yusuf Halacoglu, et, dans un ultime pied de nez, se sont mis à la disposition... de la justice suisse. L’Association Suisse-Arménie, de son côté, avait fait pression et multiplié les initiatives pour tenter d’empêcher cette réunion.
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