| Question arménienne : Perinçek ne cède pas face aux intimidations de la Suisse (Turquie/ Arménie) |
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1er août 2005
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(Tête de Turc, 31.07.05) - Dans une interview accordée à l’hebdomadaire suisse alémanique SonntagsBlick, Dogu Perinçek, le chef du Parti des Travailleurs turc (IP, gauche), a réitéré sa réfutation de la thèse arménienne de "génocide".
Dans cette interview publiée dimanche, il a réaffirmé qu’il n’y avait "jamais eu de génocide arménien", que la thèse arménienne était un "mensonge historique" et de la propagande alimentée par "les impérialistes américains et européens". Il a également rappelé les crimes de masse et les atrocités perpétrés par les Arméniens sur les populations musulmanes d’Anatolie orientale, entre 1914 et 1922, tout en dénonçant le parti pris des médias occidentaux qui occultent et dissimulent à l’opinion publique ces massacres qui ont coûté la vie à plusieurs centaines de milliers de Turcs.
Il y a une semaine, lors d’une conférence de presse dans la capitale vaudoise donnée en marge de la commémoration du 82ème anniversaire du Traité de Lausanne, acte fondateur de la République de Turquie, Dogu Perinçek avait déjà tenu des propos similaires. Lesquels lui ont valu d’être entendu par un procureur suisse qui a ouvert une enquête à la suite d’une plainte déposée par une association arménienne. Cette enquête devrait permettre de vérifier si les propos du leader turc tombent ou non sous le coup de la norme pénale suisse qui punit notamment tout propos public niant, minimisant ou tentant de justifier un génocide ou autres crimes contre l’humanité.
A propos de cette législation suisse controversée qui reste floue sur le différend historique turco-arménien, Dogu Perinçek a estimé qu’elle devrait être abolie, n’hésitant pas à la qualifier de "la loi médiévale de l’Inquisition". Il a reconnu connaître son existence avant de réfuter les allégations arméniennes de "génocide" à Lausanne. "Cette loi va à l’encontre des droits fondamentaux et de la liberté d’expression. Elle fait perdre à la Suisse l’amitié de la Turquie et le respect du monde" a-t-il déclaré.
De son côté, l’ambassadeur de Turquie à Berne a aussi émis des critiques à l’égard de la Suisse. Dans une interview parue dans le journal suisse NZZ am Sonntag, Alev Kilic qualifie l’enquête ouverte contre Dogu Perinçek et l’historien Yusuf Halacoglu de "signe lourd de conséquences" à l’égard des Turcs vivant en Suisse. "Cela signifie qu’ils doivent se taire" a-t-il déclaré, pointant une législation potentiellement liberticide. "La Suisse, qui auparavant en Turquie était citée comme un exemple du respect de la liberté d’opinion, ne la respecte pas dans cette affaire" a précisé l’ambassadeur turc, qui n’exclut pas que cela entraîne des conséquences diplomatiques. Il a ainsi affirmé ne pas pouvoir garantir que le prochain voyage en Turquie du conseiller fédéral Joseph Deiss ne soit pas différé, voire annulé.
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