| Turquie dans l’Union européenne (UE) : west side hystérie |
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3 août 2005
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Les arguments mis en avant pour refuser l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne relèvent parfois de l’insulte à tous les Français issus de l’immigration.
"Hystérie" : c’est le mot qu’a utilisé l’ambassadeur de Turquie en France pour qualifier la férocité du débat qui fait rage pour savoir si l’Union européenne doit accueillir en son sein ce pays à cheval sur deux continents. Et de commenter qu’il commençait à douter que la France soit vraiment un pays "cartésien". Il aurait pu ajouter que le "pays des droits de l’homme", toujours prompt à énoncer des (grands) principes lors des sommets internationaux, peint un triste autoportrait de sa volonté réelle d’intégrer ses habitants issus de l’immigration.
Il ne s’agit pas ici de débattre du bien-fondé des arguments des partisans et des adversaires de l’intégration éventuelle de la Turquie à l’UE (sans parler de ceux qui confondent allègrement les discussions sur la Turquie et celles sur le traité constitutionnel), qui n’interviendra de toute façon pas avant une quinzaine d’années, officiellement pour cause d’exercice budgétaire. En revanche, si nous transposons certaines des positions développées récemment de l’échelle de l’Europe à celle de la France, nous obtenons un discours que ne renierait pas le Front national. Si ce dernier est l’un des plus farouches opposants à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, il est plus surprenant d’entendre des leaders habituellement éloignés de ses positions reprendre le même type d’idées qu’il développe contre les étrangers ou contre les personnes d’origine étrangère qui vivent en France.
La Turquie ne serait pas intégrable, notamment, parce que sa culture est trop éloigné de celle des autres pays de l’Union. Transposé à l’échelle nationale, cela signifie tout simplement refuser d’intégrer dans la société française tous les étrangers d’origine extra-communautaire.
La Turquie ne serait pas intégrable car la population de ce pays, bien que laïc, est à majorité musulmane. Transposé à l’échelle nationale, cette idée affirme que seuls les bons chrétiens peuvent espérer vivre en France.
La Turquie ne serait pas intégrable car ses frontières, voyez-vous, dépassent celles de l’Europe géographique stricto sensu et que l’Europe deviendrait ainsi elle-même frontalière de pays tels que l’Iran, la Syrie ou l’Irak. Cela veut dire que les idées fondatrices de l’Union européenne, en particulier celle qui fait reposer la paix sur une alliance d’intérêts économiques, sont des concepts strictement occidentaux que son bien incapables de comprendre ou d’appliquer des étrangers dès qu’ils vivent un peu trop au Sud, ou qu’ils en viennent.
Au final, tous ces arguments reviennent à une logique qui consiste à dire aux étrangers qui vivent en France, ou aux Français d’origine étrangère : nous ne pouvons pas vivre ensemble car nous ne sommes pas pareils. Nous sommes des occidentaux et pas vous.
Cette façon de penser, appliquée en ce moment à la Turquie, révèle, au fond, à quel point la volonté d’intégrer les étrangers qui vivent en France à la communauté nationale reste fragile, et que cette intégration n’est perçue comme acceptable que si elle s’accompagne en même temps d’une renonciation totale des étrangers à leur culture, à leurs origines, voire à leur patrimoine intellectuel.
Seuls les critères économiques, sociaux et démocratiques devraient représenter le corps du débat... et il y a matière. Mais sur le squelette qu’ils constituent pousse une chair faisandée, qui rappelle que la peur de l’autre est encore ancrée profondément dans notre société. Le racisme, en un mot, racisme ordinaire, racisme beauf, racisme patriotico-nostalgique. Et d’autant plus dangereux qu’il se masque derrière des arguments qui se veulent supra-nationaux et porteurs d’idéal démocratique.
Hervé Quinsac
Source : Annu :Art
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3 août 2005
Qu’est ce que vous voulez répondre à la France du Maréchal Pétain ?
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