| Turquie-France : Erdogan se dit "attristé" par la volte-face française sur Chypre |
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5 août 2005
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(Tête de Turc, 04.08.05) - Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé jeudi à Ankara que la Turquie n’accepterait aucune nouvelle condition à son adhésion à l’Union européenne.
Il a dans le même temps critiqué les déclarations des dirigeants français conditionnant l’ouverture des négociations d’adhésion entre Bruxelles et Ankara, prévue le 3 octobre, à la reconnaissance de l’administration chypriote grecque par la Turquie.
"Il n’est pas possible pour nous d’imaginer de nouvelles conditions avant le 3 octobre" a affirmé le chef du gouvernement turc. "La décision d’ouvrir les négociations d’adhésion le 3 octobre a été prise le 17 décembre, et il ne peut y avoir aucune autre condition. (...) Les négociations débuteront le 3 octobre. Nous ne pensons à rien d’autre qu’aux négociations" a insisté Erdogan.
Le Premier ministre turc s’est dit "attristé" par la prise de position de Jacques Chirac. "Quand je l’ai appelé le 17 décembre pour le féliciter, Jacques Chirac m’a dit ceci au téléphone ; je le révèle ici : ’Ceci [l’extension de l’union douanière, par la Turquie, aux dix nouveaux pays membres de l’Union Européenne, dont Chypre. Ndlr] n’est pas une reconnaissance politique. Sur ce point, je rejoins la présidence de l’UE [qui était assurée par les Pays-Bas à l’époque. Ndlr], Monsieur Schröder et Monsieur Barosso’. Or, aujourd’hui, malheureusement, de telles déclarations sont faites. C’est vraiment regrettable. Nous le déplorons" a-t-il affirmé.
Erdogan a précisé que les préparatifs de la Turquie pour l’ouverture des négociations avec l’UE se poursuivaient, les experts turcs et européens continuant ensemble leurs travaux. Il a estimé par ailleurs que le sommet des ministres des Affaires étrangères de l’UE, qui se tiendra les 1er et 2 septembre prochains, devrait accélérer le processus.
Le négociateur en chef de la Turquie, le ministre de l’Economie Ali Babacan, continue ses consultations en Europe, a rappelé le Premier ministre.
Le 29 juillet, Ankara a signé un accord élargissant son union douanière avec l’UE aux nouveaux membres de l’Union, dont Chypre. Dans une déclaration séparée, la Turquie avait toutefois précisé que cette signature ne valait pas reconnaissance politique de l’administration chypriote grecque.
Le 2 août, Dominique de Villepin, soutenu par Jacques Chirac, avait estimé qu’il n’était "pas concevable" que l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Turquie puisse avoir lieu comme prévu le 3 octobre sans reconnaissance préalable des autorités chypriotes grecques. "Il ne me paraît pas concevable qu’un processus quelconque de négociation puisse s’ouvrir avec un pays qui ne reconnaîtrait pas chacun des membres de l’Union européenne, c’est-à-dire les Vingt-Cinq", avait-il déclaré sur une radio française. "Il y a là un principe qui me paraît devoir être défendu" et "c’est ce que la France fera valoir à la Turquie".
Dans le cas contraire, "il sera urgent d’attendre", le 3 octobre, "que la Turquie marque une vraie volonté de rentrer dans ce processus", avait souligné le Premier ministre français.
Chypre est divisée depuis 1974, date de l’intervention militaire de la Turquie à la suite d’un coup d’Etat d’ultranationalistes chypriotes grecs qui voulaient rattacher l’île à la Grèce et prévoyaient d’éradiquer toute présence turque sur l’île. Les Chypriotes grecs ont rejeté en avril 2004 un plan de paix proposé par les Nations Unies, soutenu par Ankara et massivement approuvé par les Chypriotes turcs.
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