| Feu vert d’Ankara pour un axe ferroviaire Turquie-Asie centrale, sans l’Arménie |
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10 août 2005
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(Tête de Turc, 09.08.05) - Les ministres des Transports de la Turquie, d’Azerbaïdjan et de Géorgie vont se réunir à Istanbul, le 22 août prochain, pour lancer le projet de ligne de chemin de fer Kars-Tbilissi-Bakou-Aktau, qui reliera la Turquie au Kazakhstan, via la Géorgie et l’Azerbaïdjan.
Ce projet, qu’Ankara fait attendre depuis 12 ans, n’intégrera finalement pas l’Arménie qui a rejeté les multiples offres d’ouverture et de rapprochement de la Turquie. En raison de sa politique agressive, Erevan se voit ainsi exclu d’un projet géostratégique majeur qui prévoit de redynamiser l’antique Route de la Soie. Ce "corridor" Est-Ouest, qui comprend, outre l’axe ferroviaire, la construction d’un vaste réseau de pipelines, permettra notamment d’acheminer les hydrocarbures de la Mer Caspienne et d’Asie centrale vers les marchés mondiaux.
La Turquie et l’Azerbaïdjan se sont engagés à prendre à leur charge la participation financière de la Géorgie, Tbilissi connaissant des difficultés pour trouver les fonds nécessaires. Ankara a en outre financé l’intégralité des études de faisabilité.
La mise en oeuvre de ce projet par la Turquie a suscité de vives inquiétudes à Erevan, qui a mobilisé ses groupes de pression aux Etats-Unis et en Europe pour tenter d’y faire barrage. Des textes ont ainsi été présentés au Congrès américain par le lobby arménien demandant explicitement à Washington d’empêcher la réalisation de cette ligne de chemin de fer.
La connexion par rail entre la Turquie et l’Asie centrale se fait par la ligne de chemin de fer reliant Kars (Turquie) à la ville arménienne de Gümrü. Cette ligne est aujourd’hui fermée depuis l’invasion et l’occupation (toujours en cours) d’une partie du territoire de l’Azerbaïdjan par l’Arménie dans les années 1990. La mise en service de l’axe ferroviaire Kars-Tbilissi-Bakou-Aktau va donc exclure l’Arménie et lui enlever ce rôle charnière dans les communications terrestres entre la Turquie et l’Asie centrale.
La décision turque d’accélérer la réalisation de ce projet intervient quelques jours après une initiative de l’Azerbaïdjan en faveur de la République Turque de Chypre Nord (RTCN). Bakou a en effet autorisé les premiers vols directs depuis son territoire vers la RTCN, rompant ainsi l’isolement international de l’Etat chypriote turc, à la grande colère de la Grèce et de l’administration chypriote grecque, alliées traditionnelles de l’Arménie.
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