| Turquie : visite et discours sur la ’question kurde’ d’Erdogan à Diyarbakir |
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12 août 2005
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(Tête de Turc, 12.08.05) - A l’occasion de sa visite à Diyarbakir, principale ville du sud-est anatolien, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a prononcé durant une heure un discours attendu sur la ’question kurde’ devant plusieurs milliers de personnes, en marge d’une cérémonie d’inauguration de nouveaux logements sociaux.
Estimant que des ’erreurs’ ont été commises dans le passé par les gouvernements précédents, Erdogan a affirmé vouloir régler la ’question kurde’ sans renoncer au processus de démocratisation de la Turquie. "Chaque pays a connu des jours difficiles dans son histoire. Un grand Etat et un pays fort comme la Turquie a surmonté de nombreuses difficultés pour arriver jusqu’à aujourd’hui. C’est pourquoi, nier les erreurs du passé ne sied pas aux grands Etats. Un grand Etat et une nation forte se tournent avec confiance vers l’avenir en se confrontant à leurs fautes et à leurs erreurs. C’est avec ce principe à l’esprit que notre gouvernement sert le pays. (...) Le problème kurde n’est pas le problème d’une partie de notre peuple, mais le problème de tous. C’est donc aussi le mien. Nous allons régler chaque problème avec encore plus de démocratie, plus de droits civils, et plus de prospérité, dans le respect de l’ordre constitutionnel, du principe républicain et des principes fondamentaux que nous ont légués les pères fondateurs de notre pays" a-t-il déclaré.
Le Premier ministre a rappelé les "trois lignes rouges" de l’action gouvernementale : le "nationalisme ethnique", le "nationalisme régional", et le "nationalisme religieux", qu’il entend combattre. "Il y a dans notre pays de nombreuses composantes ethniques. Nous ne faisons aucune distinction entre elles. Elles constituent chacune une sous-identité. Il y a un lien qui nous unit tous, et ce lien est la citoyenneté de la République de Turquie. (...) Je le dis à nouveau, la Turquie c’est autant Ankara, Istanbul, Konya, Samsun, Erzurum que Diyarbakir. Je veux que vous le sachiez, chaque endroit de ce pays a des parfums, des couleurs, des voix, des musiques, et des saveurs différentes" a-t-il dit, promettant une égalité de traitement entre toutes les régions et tous les citoyens turcs, quelles que soient leurs origines ethniques ou religieuses.
Erdogan a réitéré son engagement à ne pas faire machine arrière dans le processus de démocratisation du pays, tout en soulignant sa détermination à lutter contre le terrorisme. "Nous sommes profondément attachés à notre Etat, à notre drapeau et à notre République. Je dis une nouvelle fois que le terrorisme et la violence sont les plus grands ennemis de ce pays, et que nous ne les tolérerons jamais. Les terroristes qui massacrent nos concitoyens innocents, tuent nos héroïques membres des forces de sécurité, et compromettent l’avenir de ce peuple, instrumentalisent les pauvres enfants de ce pays. C’est pourquoi je m’adresse aux mères et aux pères : sachez que l’Etat est prêt à fournir toute forme d’aide pour sauver vos enfants de ce fléau terroriste. (...) Aux quatre coins de la Turquie, je porte le même message : union, unité, développement, tranquillité, prospérité..."
Interpellé par une personne dans la foule qui a crié "nous voulons des usines", Erdogan a répondu : "Le gouvernement AKP ne va pas créer des fabriques ici. Quel est le sens de la ’Loi d’Encouragement’ que nous avons fait voter ? Nous voulons que les hommes d’affaires de Diyarbakir qui investissent à l’ouest du pays, investissent aussi un peu ici. Nous avons voté cette loi pour encourager les hommes d’affaires, en particulier ceux de nos provinces de l’est et du sud-est, à investir ici. Nous fournissons gratuitement les terrains. Il n’y a aucun impôt durant cinq ans, et nous réduisons de 50% le coût de l’énergie. Nous maintenons réduites les cotisations à la Sécurité Sociale. Que voulez-vous de plus ? Nous faisons tout cela. Ne vous habituez pas à la gratuité. Nous allons travailler, tous ensemble, pour développer le pays".
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