| Turquie - Arménie : échos du lobbying arménien en Amérique latine |
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3 décembre 2007
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(Tête de Turc, 17.08.05) - Le Conseil des Eglises catholiques du Venezuela a adopté le 3 août dernier une résolution reprenant à son compte les allégations arméniennes de "génocide".
"Nous bénissons la mémoire de ces chrétiens arméniens qui ont préféré la mort à l’apostasie. Nous exprimons notre disposition à soutenir les Arméniens, les représentants de la communauté arménienne du Venezuela et l’Eglise apostolique arménienne et à soutenir leurs revendications légitimes, ignorées depuis trop longtemps" affirme la résolution.
La diaspora arménienne en Amérique latine compte 250 000 personnes, dont 140 000 en Argentine, 25 000 au Brésil, 25 000 en Uruguay et 5 000 au Venezuela. Très influents sur le plan politique, les groupes de pression arméniens ont obtenu des parlements uruguayen (avril 1965) et venezuelien (juillet 2005) qu’ils adoptent des résolutions favorables à leurs thèses. Ces organisations bénéficient de la puissance politique et financière des lobbies arméniens très actifs aux Etats-Unis et au Canada, dont les budgets annuels se chiffrent en plusieurs centaines de millions de dollars.
Signe de l’influence arménienne en Amérique latine, en janvier dernier, le ministre uruguayen des Affaires étrangères, Reinaldo Gargano, qui venait à peine d’être nommé à ce poste, a reçu une délégation du parti Dachnaktsoutioune (national-socialiste). L’antenne locale du mouvement Dachnak, l’association Vramian, exerce une influence politique qui est relayée auprès des institutions par des parlementaires d’origine arménienne comme Lillian Kichechian.
Les églises arméniennes, notamment la catholique qui compte à elle seule plus de 20 000 fidèles en Amérique latine, sont également des relais d’influence très importants dans une région du monde à forte piété chrétienne. Des archevêques arméniens sont ainsi en poste en Argentine, au Brésil et en Uruguay, et un évêque, Komitas Ohanian, au Venezuela.
Toutefois, pour la première fois, l’ambassadeur de Turquie en Uruguay et Argentine, Sükrü Tafan, a pu venir présenter aux députés uruguayens les positions turques sur la tragédie de 1914-1922. En juillet dernier, devant les membres de la commission des Affaires étrangères du Parlement uruguayen, le représentant turc a réfuté les thèses arméniennes, et rappelé qu’il ne revenait pas aux institutions politiques d’écrire l’histoire. Il a également évoqué le courrier adressé au président arménien par le Premier ministre turc, proposant la création d’une commission d’historiens. Il a d’ailleurs suggéré que l’Uruguay s’associe au processus, et proposé de mettre sur pied une commission mixte turco-uruguayenne chargée d’examiner la réalité des thèses arméniennes, en soulignant que son gouvernement était prêt à accepter les conclusions de cette commission, même si elle établissait la preuve irréfutable qu’un "génocide" a bien été commis à l’encontre du peuple arménien.
L’initiative de l’ambassadeur turc a eu l’effet d’un séisme dans les milieux activistes arméniens. Une centaine de militants, notamment issus du mouvement Dachnak, brandissant drapeaux et banderoles, ont manifesté devant le parlement uruguayen contre la présence du diplomate turc. La radio arménienne de Montevideo, Radio Komitas, a longuement relayé les appels à la mobilisation et les discours anti-turcs des leaders arméniens, furieux que les députés uruguayens aient pu dialoguer avec Sükrü Tafan. Quant à l’ambassadeur d’Arménie en Uruguay, Ara Aivazian, il a demandé un entretien avec la commission des Affaires étrangères avant de faire une déclaration publique sur le sujet. Le Parlement uruguayen, pour sa part, devrait se prononcer prochainement par une déclaration adressée aux Parlements turc et arménien concernant la proposition qui lui a été faite.
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