| NON à la proposition de loi visant à pénaliser la négation du "génocide arménien de 1915" |
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17 octobre 2006
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Communiqué de l’association ACFT BISCHWILLER
Les lois contre le négationnisme, pour la reconnaissance du génocide arménien, de l’esclavage et de la traite, aussi bien que sur les mérites de la colonisation française, débordent le domaine de la loi tel que défini par l’article 34 de notre constitution. Plus généralement, le devoir des politiques est d’assurer l’avenir de la nation, non de fixer en dogmes son histoire. Certes, pour gouverner un peuple il faut connaître son passé et en tenir compte, il faut s’appuyer sur une conscience historique commune tout autant que sur une moralité commune. Mais le pouvoir ne saurait régler, encore moins arrêter, les perpétuels réaménagements de la conscience collective, le travail de la mémoire, le dialogue continué avec le passé qui est indissociable de l’exercice des libertés publiques, dans la vie politique, dans la littérature, dans l’historiographie. L’incitation au crime relève des tribunaux, il n’en va pas de même des opinions aberrantes. Celles-ci on les réfute ou on les dénonce. Quand on ne fait pas confiance à la liberté de débattre, le mot de république perd tout sens. C’est pourquoi nous demandons l’abrogation de toutes les lois (Gayssot, Taubira, Accoyer...) qui ont pour objet de limiter la liberté d’expression ou de qualifier des événements historiques.
Quelles qu’aient pu être leurs justifications particulières, leurs vertus immédiates, ces interventions ont produit un enchaînement dangereux. Par moralisme et désir de se mettre à l’abri de tout reproche, nos politiques ont ouvert la voie à des demandes successives de pénalisation et à la sanctuarisation des mémoires particulières. Le morcellement qui en résulte de la mémoire nationale favorise des durcissements et des affrontements dont nous voyons les prodromes. C’est au contraire d’un travail de vérité et de compréhension qui porte sur toute notre histoire que nous avons besoin. Ceci exige que la liberté de débattre soit pleinement rétablie.
"Nous sommes persuadés que la solution d’une commission internationale d’historiens est la bonne", a estimé le ministre suisse, apportant ainsi son soutien à l’initiative du gouvernement turc qui a proposé récemment à l’Arménie de créer conjointement une commission d’historiens turcs et arméniens pour faire la lumière sur les tragiques événements survenus entre 1914 et 1922. "Nous soutenons la proposition turque de créer une commission historique internationale pour juger ces événements. Ce n’est pas aux politiques ou au tribunal de dire s’il s’agissait d’un génocide ou non"
Des affrontements inter-ethniques et des déplacements forcés de populations en Anatolie orientale, entre 1914 et 1922, ont fait plusieurs centaines de milliers de morts parmis les Turcs et les Arméniens. L’Empire ottoman était alors engagé dans la Première Guerre Mondiale aux côtés de l’Allemagne et de l’Empire Austro-Hongrois. Dès 1914, des Arméniens ottomans ont massivement pris le parti des Russes, contre les Turcs, se livrant à des massacres de masse et à des pillages dans l’est de l’Anatolie. A la suite de ces événements, le gouvernement ottoman décida d’éloigner une partie de la population arménienne des zones de front et à risque. Ce transfert se solda par un lourd bilan humain.
La Turquie et de nombreux historiens rejettent catégoriquement la thèse controversée d’un "génocide" que le gouvernement ottoman aurait perpétré contre la population arménienne de l’Empire. Cette thèse, défendue par la diaspora arménienne, est aujourd’hui instrumentalisée afin d’exercer des pressions politiques sur la Turquie, notamment pour entraver la perspective de son adhésion à l’Union Européenne.
La Turquie a lancé une sévère mise en garde vendredi à la France, estimant que les relations bilatérales allaient souffrir du vote prévu, le 12 octobre, à l’Assemblée nationale française d’une proposition de loi visant à pénaliser la négation du génocide arménien de 1915."Le dossier arménien a beaucoup empoisonné les liens bilatéraux dans le passé mais la proposition de loi va provoquer des dégâts irréparables dans nos relations", a souligné le porte-parole du ministère des Affaires étrangères lors d’un point de presse.
M. Tan a indiqué que la proposition aurait un effet particulièrement néfaste sur les liens commerciaux.
"Les investissements, fruits de longues années d’efforts, seront gâchés et si j’ose dire la France perdra la Turquie", a-t-il martelé.
La France est le 5è fournisseur de la Turquie avec 4,7 milliards d’euros d’exportations.
Les débats sur cette proposition de loi controversée qui divise la classe politique française avaient été reportés en mai dernier après un début de débat houleux.
Le texte, qui complète une loi de 2001 reconnaissant le génocide arménien, fait de la négation de ce "génocide" un délit punissable d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende.
M. Tan a averti qu’"il ne sera pas possible de prévenir la réaction de l’opinion publique turque" au cas où cette proposition serait adoptée, en allusion à de probables mouvements de boycottage de produits français.
"Le peuple turc considérera l’adoption du texte comme une attitude hostile de la part de la France", a encore souligné le diplomate qui a ajouté qu’alors, "la France détruira la liberté d’expression".
Les Arméniens estiment que jusqu’à 1,5 million des leurs ont péri dans un génocide orchestré aux dernières années de l’Empire ottoman entre 1915 et 1917. Ankara affirme que des massacres ont été commis de part et d’autre et récuse les accusations de génocide.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan doit rencontrer samedi à Istanbul des représentant de grandes entreprises françaises implantées en Turquie, inquiets de l’impact de cette proposition de loi sur les intérêts français.
Association culturelle Franco-Turque
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(Bischwiller : ville avec 22 % de turc et français d’origine turc)
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