| "Génocide" arménien : Chirac exprime ses regrets à Erdogan |
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19 octobre 2006
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[ dimanche 15 octobre 2006, 10h18 - AFP ]
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué samedi soir avoir reçu un appel téléphonique du président français Jacques Chirac lui exprimant ses "regrets" au sujet du vote en première lecture par les députés français d’une proposition de loi sur le génocide arménien.
"M. Chirac m’a fait part ce (samedi) matin de ses regrets et indiqué qu’il me donnait raison" quant à la forte réaction de la Turquie au sujet du texte adopté jeudi à l’Assemblée nationale française punissant la négation du génocide arménien, a-t-il dit lors d’un dîner de rupture de jeûne pour le Ramadan à Edirne (nord-ouest), cité par l’agence Anatolie.
Le président français a souligné qu’"il fera tout ce qu’il peut dans le processus prochain", a souligné le chef du gouvernement turc.
Ce texte doit encore être soumis aux sénateurs, plus aux députés en seconde lecture, avant d’être définitivement adopté.
De source proche du Premier ministre, on précise que lors de la conversation, M. Erdogan a particulièrement insisté pour une intervention de son interlocuteur afin que le texte soit annulé "dans les plus brefs délais".
"C’est important afin que nos relations ne souffrent pas davantage", a dit M. Erdogan.
M. Chirac a assuré le Premier ministre turc que le vote ne changeait en rien les bonnes relations bilatérales, selon cette source.
Lors d’un discours à Edirne, M. Erdogan s’en est une nouvelle fois pris à la décision des législateurs français, qui selon lui "ont fait une grave erreur en adoptant une loi primitive".
"A cause de certains députés bornés, la France que nous connaissions comme le pays des libertés est obligée de vivre avec cette honte", a-t-il martelé.
"Si la France n’annule pas ce texte, c’est elle qui perdra et pas la Turquie", a-t-il ajouté.
Les dirigeants turcs ont prévenu la France d’une crise dans les relations bilatérales et de représailles économiques.
Les massacres et déportations d’Arméniens entre 1915 et 1917 dans l’Empire ottoman ont fait plus de 1,5 million de morts selon les Arméniens, 250.000 à 500.000 selon la Turquie, qui récuse catégoriquement la notion de génocide.
© 2006 AFP
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