| Des députés s’inquiètent de la place de l’islam en cas d’adhésion à l’UE |
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30 septembre 2004
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ANKARA, 29 sept (AFP) - Des membres islamistes du parti au pouvoir en Turquie viennent de faire part à leur direction de leurs inquiétudes sur la place future de l’islam dans le pays s’il venait à rejoindre l’Union européenne, ont affirmé mercredi plusieurs journaux.
La question a été lancée lors d’un séminaire à huis-clos du Parti de la Justice et du Développement (AKP), qui s’est déroulée depuis lundi à Kizilcahamam, à environ 80 kilomètres au nord-ouest d’Ankara.
Cette réunion a été organisée dans la foulée de l’adoption dimanche par le parlement turc du nouveau code pénal, afin d’aplanir les dissensions internes au parti, dont l’aile islamiste radicale avait tenté en vain d’imposer un article réprimant l’adultère.
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, dans un premier temps partisan de cet article, avait finalement cédé à la pression européenne et annoncé que le projet était abandonné, après des entretiens le 23 septembre à Bruxelles.
Mais le débat autour de la criminalisation de l’adultère semble avoir semé le doute, exprimé lors de la réunion, dans l’esprit de certains députés du parti, une formation aux origines islamistes où se côtoient des libéraux de droite, des islamistes extrémistes et des conservateurs.
"L’Union européenne est née dans un cercle chrétien. Allons-nous être assimilés une fois que nous en serons membre ? Comment allons-nous protéger notre culture ? Allons-nous devoir faire des concessions à notre foi musulmane ?", ont interrogé certains députés.
La direction du parti a tenté d’apaiser ces inquiétudes, selon plusieurs journaux.
"Pourquoi devrions-nous abandonner notre religion ? Environ 25 millions de musulmans, dont trois millions de Turcs, vivent aujourd’hui dans l’UE. Ils pratiquent librement leur religion", a déclaré devant les participants Mehmet Aydin, ministre délégué aux Affaires religieuses.
"Nous aussi exprimerons librement notre foi une fois dans l’UE", a-t-il affirmé, selon le quotidien Hurriyet.
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