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30 septembre 2004
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La Turquie, qui espère obtenir le 6 octobre un avis favorable de Bruxelles pour entamer des pourparlers d’adhésion à l’Union européenne, est une république au régime laïc qui fait figure d’exception dans le monde musulman.
SITUATION GEOGRAPHIQUE : Pays de 779.452 km2 (contre une superficie totale de 3.691.214 km2 pour l’Europe des 25), à cheval entre l’Asie et l’Europe. Baignée par les mers Noire, Egée et Méditerranée, la Turquie possède des frontières avec l’Arménie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Grèce et la Bulgarie.
POPULATION : 70,7 millions d’habitants (2003), dont 8 à 10 millions de Kurdes. Si la population turque s’ajoutait à celle de l’Europe des 25millions d’habitants en janvier 2004), celle-ci dépasserait le cap du demi milliard d’habitants.
CAPITALE : Ankara.
LANGUE OFFICIELLE : turc. L’UE compte actuellement 20 langues officielles, mais seulement trois langues de travail : l’anglais, le français et l’allemand.
RELIGION : 99% de musulmans, en majorité sunnites. La communauté juive compte quelque 35.000 personnes. C’est la seconde plus importante minorité après celle des Arméniens, évaluée à 45.000 personnes. L’entrée de la Turquie porterait le nombre de musulmans dans l’UE à environ 80 millions de personnes.
HISTOIRE : Chute de l’Empire ottoman, lors de la Première Guerre mondiale. Mustafa Kemal Ataturk proclame la République turque le 29 octobre 1923. Le "Père de tous les Turcs", qui dirige le pays jusqu’en 1938, entreprend de moderniser la Turquie selon six principes dont le nationalisme, la laïcité et l’étatisme.
Le multipartisme est introduit en 1946, mais la vie politique est marquée par trois coups d’Etat militaires (1960, 1971 et 1980).
Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a mené de 1984 à 1999 une série d’actions terroristes (plus de 37.000 morts) pour la formation d’un Etat kurde indépendant ("Grand Kurdistan" s’étalant sur plusieurs états). Après la capture en 1999 au Kenya de son chef Abdullah Öcalan et sa condamnation à mort (peine commuée à la prison à vie), le PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie et nombre de pays occidentaux (également par l’Union Européenne), s’engage à arrêter les combats.
Le PKK change ensuite de nom plusieurs fois et sa dernière émanation, le Congrès du peuple du Kurdistan (KONGRA-GEL), annonce en juin avoir mis fin à sa trêve.
Les combats, qui avaient pratiquement cessé dans le sud-est anatolien, ont depuis repris, même si leur ampleur est loin de rappeler celle des années 1990.
Au cours des deux dernières années, dans le cadre des efforts visant à se mettre au niveau des normes européennes, Ankara a pris de nombreuses mesures en faveur des Kurdes : émissions en kurde sur les radios et télévisions d’Etat, autorisation de l’enseignement privé en kurde, compensations versées aux familles kurdes victimes de la guerre anti-terroriste.
SITUATION POLITIQUE : Ahmet Necdet Sezer est président de la République depuis mai 2000.
En 1993, Tansu Ciller (droite) devient la première femme Premier ministre. Necmettin Erbakan, premier chef de gouvernement islamiste, lui succède en 1996. Il démissionne un an plus tard sous la pression de l’armée. A la tête d’une coalition droite-gauche, Mesut Yilmaz devient Premier ministre en 1997 avant d’être destitué par le Parlement en novembre 1998 pour "liens avec la mafia". Bülent Ecevit lui succède en janvier 1999.
Aux élections législatives anticipées de novembre 2002, le parti de la Justice et du Développement (AKP), obtient la majorité absolue au Parlement. Recep Tayyip Erdogan devient Premier ministre en mars 2003.
ECONOMIE : Basée sur le textile et l’industrie légère.
Avec 14 millions de touristes étrangers et 13,2 milliards de dollars de revenus, le tourisme a représenté en 2003 la première source de revenus du pays. Longtemps affecté par les campagnes d’attentats du PKK et par les retombées de la première guerre du Golfe, ce secteur a explosé en 2003 et 2004. Pour les six premiers mois de l’année, la tendance s’est accélérée avec une augmentation de 43,5% du nombre d’entrées par rapport à la même période en 2003 (ministère du tourisme).
La Turquie est liée à l’Union européenne par un accord d’association signé en 1963, et une union douanière est en vigueur depuis 1996.
La candidature de la Turquie à l’UE, rejetée en 1989, notamment en raison de la situation des droits de l’Homme, a été acceptée le 10 décembre 1999.
PNB/habitant : 2.790 dollars. Par comparaison, le PNB/habitant le plus élevé de l’UE, celui du Luxembourg, est de 38.830 dollars et le plus bas, celui de la Lettonie, est de 3.480 dollars. Le PNB/habitant moyen de l’Europe des 25 est de 19.775 dollars (Banque Mondiale, 2003).
DETTE EXTERIEURE : 147.035 milliards de dollars (2003).
FORCES ARMEES : 514.850 hommes, dont 402.000 dans l’armée de terre, 52.750 dans la marine et 60.100 dans l’armée de l’air (IISS 2003/2004).
La Turquie est membre de l’OTAN depuis 1952.
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