| Discrimination contre les femmes : une réalité française ? |
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5 février 2007
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lundi 5 février 2007
Le choix de Ségolène Royal comme candidate du Parti socialiste est la première occasion qu’un grand parti politique français offre à une femme d’occuper peut-être le fauteuil de première responsable du « pays des droits de l’homme ».
Celles et ceux qui, devant cette grande première, rétorquent que la féminité n’est pas un argument politique ont plus tort que raison. En effet, s’ils ont raison sur le fait qu’on ne porte pas une personne aux plus hautes responsabilités à cause de son sexe, ils ont surtout tort d’oublier que la France contrevient depuis toujours à ce même principe en élisant systématiquement des hommes. Sinon, avec plus de femmes que d’hommes dans sa population (il suffit de consulter les statistiques officielles), elle aurait déjà confié les fonctions présidentielles à quelques femmes. La masculinité a-t-elle plus de raison d’être considérée comme un argument politique ?
Les hommes politiques et les médias de l’Hexagone critiquent souvent les pays musulmans et certains pays du tiers-monde pour la manière dont ils traitent les femmes. Et ils ont parfaitement raison ! Mais ils ne doivent pas oublier que la Turquie a accordé le droit de vote aux femmes dès 1934, soit dix ans avant la France ; que Benazir Bhutto a dirigé le gouvernement de la République islamique du Pakistan (165 millions d’habitants) pendant trois ans (alors que la seule femme Premier Ministre de l’histoire de France, Edith Cresson, a été gentiment remerciée en moins d’un an - en grande partie pour cause de féminité !) ; qu’un pays comme le Liberia a élu récemment Ellen Johnson Sirleaf comme présidente de la République ; et qu’un coup de projecteur comparatif sur le pourcentage de femmes députées ou ministres en France et dans certains pays du tiers-monde couvrirait « le pays des droits de l’homme » de honte.
En France, la discrimination contre les femmes est une réalité sociale tellement intériorisée qu’on ne s’en rend même plus compte. Il suffit, pour s’en convaincre, de songer qu’il n’y a jamais eu de femmes à la tête de grands ministères comme ceux de l’Economie et des Finances, des Affaires étrangères, de l’Intérieur ou de l’Education nationale (sous le gouvernement Jospin de 1997 à 2002, Ségolène Royal y secondait Claude Allègre !).
Et mes oreilles d’observateur attentif bourdonnent encore des ricanements entendus lorsque Michèle Alliot-Marie est arrivée au ministère de la Défense ! C’est pourquoi, lorsque j’entends dire de la candidate socialiste à l’élection présidentielle qu’elle ne connaît pas grand-chose en matière de politique étrangère, je me fais la réflexion suivante : il suffisait que les messieurs de son parti veuillent bien lui faire une place depuis plus de vingt ans qu’elle est engagée à leurs côtés et elle aurait acquis les compétences que confère la direction d’un grand ministère !
Combien de temps continuera-t-on, en France, de dire aux femmes d’attendre tout en donnant des leçons de bonne conduite à d’autres pays ?
Denis Dawendé
http://www.lefaso.net/article.php3?...
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