| 9000 ans d’histoire contés par la femme |
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7 octobre 2004
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La Turquie aux Beaux-Arts - EXPOSITION
L’exposition « Mères, déesses et sultanes » se tient au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles jusqu’en janvier.
Un condensé de l’histoire de la Turquie de l’âge néo- lithique à la fin du XIXe siècle.
Des pièces remarquables de l’époque hittite notamment.
Neuf mille ans en 360 oeuvres d’art et objets : c’est le fulgurant voyage dans l’histoire de la Turquie que propose l’exposition « Mères, déesses et sultanes » qui s’ouvre ce mercredi au Palais des Beaux-Arts, doublée d’un festival (lire LLB 5/10). Fil conducteur : la femme ; sa position, ses activités, sa représentation au fil du temps.
Ecrin sobre
Le scénographe Metin Deniz a créé un écrin sobre pour ces pièces exceptionnelles, issues pour la plupart de musées turcs : sculptures, reliefs, accessoires, bijoux, écrits, peintures... Quatre couleurs pour différencier les époques : terre de Sienne (préhistorique), outremer (gréco-romaine), pourpre (byzantine), vert (ottomane) ; et des clichés de sites historiques turcs qui servent de mises en contexte.
Ce sont peut-être dans les premières vitrines qu’il faut chercher les joyaux de l’exposition : des figurines préhistoriques en argile cuite de quelques centimètres, représentant, en des formes étonnamment simples valorisant leurs seins et hanches, des femmes et déesses enceintes, assises, portant leur enfant, allaitant ou au repos. La femme est synonyme de fertilité et d’abondance. Une sculpture en calcaire montre « l’avant/après » : couple enlacé à gauche, femme avec enfant à droite. Plus loin, la stèle funéraire d’un couple livre des renseignements sur la culture hittite. Homme et femme, bras dessus bras dessous, sont de même taille, symétriques : signe de l’égalité des sexes qui caractérise cette civilisation.
De Cybèle à Artémis
Le culte de la déesse mère Cybèle se perpétue à l’époque grecque, sous les traits d’Artémis : une statue d’Ephèse la présente couverte de dizaines de seins. D’autres aspects de la vie des femmes sont présentés : les conséquences de la guerre sur elles, l’art (poésie, danse, musique), la beauté (une sculpture montre Aphrodite sortant de l’eau, qui se tord les cheveux), la guerre (les Amazones)...
A la période médio-byzantine, proportionnellement peu représentée, s’ouvre l’ère chrétienne, où la Vierge Marie tient une place importante de protectrice de l’Eglise et de l’Etat. L’exposition met aussi en les impératrices, qui ont eu, à des degrés divers, une influence politique et religieuse. Une superbe icône en marbre et pierres présente Sainte Eudoxie.
Après une courte transition dans la dynastie seldjoukide, on rentre dans le plus gros morceau : l’époque ottomane. Celle des harems où se pressent des dizaines de femmes, lieux d’intrigues. Sur l’une des nombreuses peintures exposées (qui permettent de voir évoluer les costumes et modes de vie jusqu’à une occidentalisation assez poussée), on découvre Hürrem Sultan, l’épouse de Soliman le Magnifique, qui complota pour accéder à son rang et faire monter son fils sur le trône. Le pouvoir de la reine mère était énorme.
Une gravure de Pieter Coecke d’Alost (XVIe), en plusieurs tableaux, offre un reportage avant la lettre sur la Turquie. Les bijoux, robes et accessoires finement ornés - dont les étonnants socques, souliers en bois -, témoignent de la richesse de l’Empire ottoman.
L’exposition s’arrête au début du XXe mais jette un pont vers le XXIe siècle avec un film montrant les rues animées d’Istanbul. Non sans avoir évoqué dans un tableau, la présence des femmes turques à l’assemblée nationale en 1936. Un aspect positif de leur histoire que les Turcs, soucieux d’adhérer à l’Union européenne, aiment mettre en avant.
Exposition ouverte du 6/10 au 16 janvier 2005, du mardi au dimanche de 10 à 18h (21h le jeudi), lundi sur rendez-vous. Entrée 9 € hors réduction. Visite guidée : 070.344.577. Catalogue 224 pp. couleurs.
La Libre - Belgique
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