| La situation à Kirkouk peut faire dérailler la paix en Irak, avertit Ankara |
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8 octobre 2004
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Le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul s’est élevé jeudi contre les visées des Kurdes irakiens sur la ville pétrolière de Kirkouk (nord de l’Irak), tandis que son homologue britannique Jack Straw a préconisé un règlement de la crise par la voie des négociations.
"Kirkouk est une ville qui appartient à tous les Irakiens et toutes les ressources naturelles de l’Irak sont également la propriété (de l’ensemble) des Irakiens", a dit M. Gul aux journalistes au terme d’un entretien avec M. Straw.
"Si ces principes sont bafoués, alors la paix en Irak en pâtira", a-t-il mis en garde.
Sous le régime de Saddam Hussein, des milliers d’Arabes ont été encouragés à s’installer dans la ville pétrolière, revendiquée par les Kurdes, qui militent aujourd’hui pour leur départ. Cette question est source de tensions permanentes dans la ville.
Ankara, qui soutient la minorité turkmène, turcophone, installée essentiellement à Kirkouk et dans ses environs, craint qu’une éventuelle mainmise kurde sur les ressources pétrolières de la région n’attise des velléités d’indépendance chez les Kurdes d’Irak.
La Turquie a, à plusieurs reprises, exprimé sa profonde irritation face aux tentatives des Kurdes visant à modifier la composition ethnique de la ville.
M. Straw, arrivé tard mercredi à Ankara en provenance du nord de l’Irak, où il s’est entretenu avec les principaux dirigeants kurdes, a admis que la situation était complexe tout en invitant les protagonistes à résoudre leur différend par des négociations.
"Nous comprenons que le problème sur Kirkouk est très difficile, mais il devra être réglé par la voie de négociations, a-t-il dit.
Il a souligné que ce genre de différend ne pouvaient être surmonté du jour au lendemain.
Ankara redoute également un phénomène de contagion qui relancerait les visées séparatistes au sein de la minorité kurde du sud-est de la Turquie, près de la frontière irakienne.
Dans un effort pour dissiper les préoccupations des Turcs, M. Straw a assuré que l’Irak resterait uni.
"La décision de la communauté internationale (...) est que les frontières internationales de l’Irak, dont évidemment celles avec la Turquie, sont inviolables et ne peuvent être modifiées", a-t-il ajouté.
AFP
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