| La Turquie évoque la possibilité de troubles interethniques à Kirkouk |
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14 octobre 2004
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ANKARA, (AFP) - La Turquie a estimé mercredi que les pays riverains de l’Irak doivent avoir leur mot à dire quant au futur de la ville pétrolière et multi-ethnique de Kirkouk car celle-ci constitue une menace potentielle pour la sécurité de la région.
"Kirkouk est l’endroit le plus probable en Irak pour le déclenchement d’affrontements interethniques — c’est pourquoi Kirkouk ne relève pas des affaires intérieures de l’Irak", a affirmé Osman Koruturk, représentant spécial de la Turquie en Irak, évoquant la possibilité de "sérieux effets sur les pays voisins".
"Nous sommes déterminés à assurer que ce qui se passe en Irak n’a pas de conséquences négatives pour nous (...) La question de Kirkouk est porteuse de ce type de danger", a-t-il poursuivi au cours d’un entretien sur la chaîne de télévision turque NTV.
Le message d’Ankara était implicitement adressé aux Kurdes d’Irak, qui veulent incorporer la ville dans la région autonome sous leur contrôle, dans le nord du pays.
La déclaration du diplomate turc intervient au lendemain d’une visite du dirigeant kurde irakien Massoud Barzani à Ankara, au cours de laquelle celui-ci a affirmé que Kirkouk avait une "identité" kurde et s’est dit prêt à combattre toute force qui tenterait d’opprimer son peuple.
La population de Kirkouk comprend, outre les Kurdes, une importante communauté turcomane, un groupe ethnique turcophone bénéficiant du soutien d’Ankara.
Les Kurdes d’Irak prétendent que la ville était peuplée pour l’essentiel de Kurdes jusqu’aux années 1950 et aux campagnes d’arabisation menées par Bagdad, lors desquelles des milliers d’Arabes ont été encouragés à s’installer à Kirkouk.
Les Kurdes s’efforcent à présent de chasser les Arabes et certains d’entres eux voient en Kirkouk la capitale potentielle d’un futur Etat kurde indépendant dans le nord de l’Irak.
Ankara craint qu’une mainmise kurde sur les richesses pétrolières de la ville ne rende viable ce projet et n’encourage sa mise en oeuvre, ravivant le séparatisme au sein de la minorité kurde du sud-est de la Turquie.
Deux autres voisins de l’Irak, l’Iran et la Syrie, hébergent également une minorité kurde.
Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères a tenté mercredi de dissuader les Kurdes irakiens d’opérer un remodelage démographique de Kirkouk.
"La Turquie ne peut pas assister passivement au changement du statut (de Kirkouk) par des faits accomplis", a-t-il déclaré à des journalistes.
Depuis le début de 2004, au moins 77.000 Kurdes se sont installés dans la province de Tamin, dont dépend Kirkouk, selon des statistiques américaines.
Certains ont fait valoir leurs titres de propriété et ont chassé les occupants arabes vers des camps de réfugiés.
Le statut de la ville doit être entériné après la ratification de la Constitution irakienne, fin 2005, et l’organisation d’un recensement.
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