| Turquie/budget 2005 : un tiers des dépenses pour le remboursement de la dette |
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19 octobre 2004
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ANKARA, (AFP) Le gouvernement turc a présenté un projet de loi de budget déficitaire pour 2005, dont plus du tiers des dépenses seront consacrées au remboursement de la dette publique, a déclaré lundi le ministre des Finances, Kemal Unakitan.
Les budgets 2004 et 2003 avaient respectivement consacré 41% et près de 50% des revenus au remboursement de la dette.
Pour l’année 2005, cette part diminue à environ 35%, a-t-il dit lors d’une conférence de presse.
Ce projet de loi budgétaire est le dernier à être chiffré à plusieurs centaines de milliards de milliards de livres turques (TL), car le pays s’est engagé à supprimer six zéros à sa monnaie nationale à partir du 1er janvier prochain, a dit le ministre.
Le projet, soumis dimanche au parlement qui doit commencer à en débattre dans les jours prochains, prévoit des revenus de l’ordre de 84,9 milliards de dollars (68,2 milliards d’euros) et un déficit d’environ 19,5 milliards de dollars (15,7 milliards d’euros).
Environ 37,9 milliards de dollars (30,4 milliards d’euros) seront consacrés au remboursement de la dette publique, qui se chiffrait à 178 milliards de dollars en juin, selon le Trésor.
Pour la deuxième année consécutive, le budget du ministère de l’Education dépassera celui de la Défense, qui se voyait traditionnellement octroyer la part du lion.
M. Unakitan a indiqué que l’objectif fixé concernant le surplus budgétaire hors remboursement de la dette répondait, à 6,5% du PNB, aux exigences formulées par le Fonds monétaire international (FMI).
"La rigueur budgétaire se poursuivra également en 2005", a-t-il insisté, attribuant le succès économique de la Turquie au cours des deux dernières années à la discipline budgétaire et à la stabilité politique et économique.
Il a également souligné que le projet de budget prévoyait des subventions agricoles à hauteur de 2,3 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros).
Le ministre a affirmé que son pays respecterait "dans quelques années" les critères de Maastricht, le déficit public et la dette publique passant alors respectivement sous les seuils de 3% et 60% du PIB.
M. Unakitan s’est félicité du large dépassement de l’objectif en matière de croissance pour l’année 2004, celle-ci atteignant déjà 10% contre 5% attendus.
Ankara table pour 2005 sur une croissance annuelle de 5% et une inflation jugulée à 8%, a indiqué le ministre.
Les autorités turques sont en train de négocier avec le FMI l’octroi d’un nouveau crédit, qui prendra le relais de celui arrivant à échéance en février prochain.
L’octroi du crédit actuel, d’un montant de 16 milliards de dollars, a été signé en février 2002 après une crise financière qui a touché le pays en 2001 et a provoqué une sévère récession.
Ankara avait alors pris l’engagement de lancer des réformes radicales dans le cadre d’un plan d’austérité.
L’économie turque s’est nettement redressée l’année dernière, mais certains observateurs craignent une dégradation si le gouvernement relâche sa politique budgétaire.
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