| Démission du gouvernement chypriote turc après des mois de tractations |
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20 octobre 2004
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Nicosie -AFP- Le gouvernement minoritaire de la République turque de Chypre du Nord (RTCN, proclamée unilatéralement) a remis sa démission mercredi au dirigeant Rauf Denktash après l’échec de longues tractations pour former un nouveau cabinet, a annoncé le Premier ministre Mehmet Ali Talat.
"Nous avons remis notre démission", a-t-il dit lors d’une conférence de presse conjointe à Nicosie-nord (dans la zone turque) avec le vice-Premier ministre Serdar Denktash, chef du Parti démocrate (DP, centre-droit), petit partenaire du gouvernement.
Rauf Denktash, président de la RTCN et père de Serdar Denktash, a accepté la démission et a demandé au gouvernement d’expédier les affaires courantes jusqu’à la formation d’un nouveau cabinet.
Le gouvernement de coalition dirigé par M. Talat était minoritaire depuis avril après la démission de trois députés des partis de la coalition formée par le Parti républicain turc (CTP, gauche), la formation de M. Talat, et le
M. Denktash père devrait d’abord confier la tâche de former le prochain gouvernement à l’ancien Premier ministre Dervis Eroglu, chef du Parti de l’union nationale (UBP, droite), principale formation d’opposition au sein de l’Assemblée nationale qui compte 50 sièges.
L’UBP dispose de 19 députés, le CTP de 18, le DP de cinq et le parti de la Paix et de la Démocratie (BDH, gauche) de quatre sièges. Les autres sièges reviennent à de petits partis.
Si aucun parti ne peut former un gouvernement viable, des élections législatives anticipées seront convoquées.
Celles-ci pourraient être organisées en janvier prochain ou se tenir simultanément avec un scrutin présidentiel prévu pour avril 2005.
Les dernières élections législatives en RTCN ont eu lieu en décembre 2003.
Les habitants de la RTCN se sont prononcés à 65%, lors d’un référendum en avril, en faveur du plan de réunification de l’île proposé par l’Onu. Trois quarts des électeurs de la République de Chypre (sud, peuplée de Chypriotes grecs) ont en revanche rejeté le plan.
"Ce gouvernement a accompli de très importantes tâches", a souligné M. Talat. Ce dernier, partisan de la réunification de l’île sur la base du plan du secrétaire général de l’Onu Kofi Annan et respecté à l’étranger, s’était vivement opposé à M. Denktash, 80 ans, qui rejetait farouchement le plan onusien.
Cette attitude a fait perdre au vétéran de la politique chypriote turque sa crédibilité internationale mais aussi en Turquie où le gouvernement s’était engagé en faveur d’une réunification de l’île avant que celle-ci rejoigne l’Union européenne.
Après le refus du plan Annan par les Chypriotes grecs, la République de Chypre, seule entité politique reconnue par la communauté internationale sur l’île, a adhéré le 1er mai à l’UE, laissant les Chypriotes turcs aux portes de l’Union.
Pour sa part, le porte-parole du gouvernement chypriote, Kypros Chrysostomidès, a indiqué mercredi que les autorités chypriotes grecques suivaient avec attention les événements dans le nord de l’île.
"Nous considérons que les développements dans le nord occupé comme des affaires internes de la communauté chypriote turque, mais nous suivons de près tout ce qui s’y passe", a-t-il déclaré à la presse.
M. Chrysostomidès a affirmé que la seule question d’importance était la reprise des négociations de réunification entre les deux communautés, interrompues depuis l’échec du référendum, pour lesquelles le gouvernement chypriote espère des interlocuteurs "crédibles".
Chypre est divisée en deux depuis l’intervention en 1974, de l’armée turque dans le nord à la suite d’un coup d’Etat de nationalistes chypriotes grecs qui voulaient rattacher l’île à la Grèce.
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