| L’OCDE demande la réduction de l’économie informelle |
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22 octobre 2004
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La Turquie aurait-elle trouvé la solution pour rompre avec le cycle de crise-expansion qu’elle connaît depuis plusieurs décennies ? L’OCDE semble tenter de le croire, dans un rapport publié hier, en se félicitant de la vive croissance, la forte décrue de l’inflation et la baisse de l’endettement mesuré en part de produit intérieur brut.
Sous la pression du Fonds monétaire international, le gouvernement est parvenu à un excédent primaire du budget de l’Etat (avant remboursement de dettes) de + 6,5% (un record dans le monde !). « Nous comptons confirmer cet effort pour 2005 », a expliqué, hier, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan devant la presse à l’OCDE. L’Union européenne, de son côté, a demandé un premier alignement de la législation turque sur l’acquis communautaire avant même l’ouverture des négociations d’adhésion. La capacité d’Ankara à répondre aux exigences internationales a surpris nombre d’observateurs.
Mais si le redressement de l’économie turque surprend par son ampleur, il reste fragile. Sans une vraie restauration de la confiance des investisseurs, tout peut basculer du jour au lendemain. Les taux d’intérêt de la dette de l’Etat, qui restent au-dessus de 20%, et la faiblesse des investissements directs étrangers montrent que les investisseurs attendent des signes plus tangibles de la stabilité économique du pays. La moindre hausse des taux d’intérêt mondiaux est susceptible de perturber gravement les équilibres budgétaires. Les efforts du gouvernement turc pour réduire la part de son endettement sont soumis à deux contraintes difficilement contournables : 30% de sa dette est libellée en devise et 43% en taux flottants. Une ouverture des négociations d’adhésion à l’Union européenne permettrait de redonner confiance et de desserrer une partie de ces contraintes. La faiblesse des investissements directs étrangers témoigne, selon l’OCDE, de la nécessité de restaurer la confiance dans la stabilité de l’économie turque.
Parmi les défis que l’économie turque doit relever, la résorption de l’économie informelle est le plus complexe. « Un contexte défavorable a incité les entreprises privées à transférer davantage d’activité dans le secteur informel », explique le rapport de l’OCDE. Réduire cette « économie grise » semble indispensable, tant d’un point de vue budgétaire que pour résoudre les problèmes des comptes sociaux. L’OCDE estime que les rigidités administratives et le poids des charges sociales incitent les acteurs économiques à rester dans le secteur informel. Ce phénomène pèse d’une part sur les entreprises du secteur formel qui subissent des charges trop élevées, et d’autre part sur la qualité du système social en manque de ressource. Pour les prélèvements de sécurité sociale, l’institution de la porte de la Muette préconise de réduire de moitié les cotisations, pour faire revenir une part du secteur informel dans le formel.
Enfin, l’OCDE souligne le poids et le manque de productivité du secteur agricole. Il emploie « 34% de la force de travail nationale mais ne contribue qu’à hauteur de 12% du PIB », explique l’organisme international. En cause, le manque de formation du monde agricole, l’absence d’utilisation d’engrais et d’outils modernes. Il s’agit trop souvent d’une simple économie de subsistance. L’exode rural alimente la population de chômeurs dans les grandes villes, que la croissance économique ne parvient pas à résorber. Ici réside le défi le plus difficile du gouvernement turc : pour obtenir l’appui de la population à sa politique de réforme, une baisse significative du chômage est indispensable.
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