| Ouverture du procès de deux anciens ministres turcs jugés pour corruption |
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4 novembre 2004
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ANKARA, (AFP) Deux anciens ministres turcs de l’Energie comparaissaient mardi devant un tribunal spécial à Ankara dans le cadre d’un procès perçu comme un test de la détermination du gouvernement à combattre la corruption, endémique dans ce pays qui souhaite intégrer l’Union européenne.
Cumhur Ersumer et Zeki Cakan doivent notamment répondre devant la Cour constitutionnelle — qui prend lors du jugement d’anciens ministres le nom de Cour suprême — d’accusations d’abus de pouvoir et de corruption dans des appels d’offres publics, d’achat de gaz en particulier.
Ils sont tous les deux passibles de plus de dix ans d’emprisonnement s’ils sont reconnus coupables à l’issue de ce procès qui devrait durer plusieurs mois et ne sera pas susceptible d’appel.
A son arrivée au tribunal, M. Cakan a dénoncé un "lynchage politique" et s’est dit satisfait d’avoir finalement l’opportunité de répondre à des accusations qui, selon lui, ne sont pas fondées.
Au cours de cette première audience, suivie par une myriade de journalistes, les avocats des deux ministres ont présenté aux 11 juges leurs arguments concernant les erreurs procédurales qui, selon eux, entachent le procès.
Affirmant que la décision parlementaire de renvoyer leurs clients devant la Cour suprême n’avait pas de fondement, les avocats ont demandé aux juges d’abandonner les poursuites.
Les juristes ont estimé que les commissions parlementaires chargées de rédiger les rapports servant de base à la décision de l’Assemblée n’avaient pas remis leurs conclusions dans la période de quatre mois prescrite par la loi, rendant ces documents et le vote parlementaire invalides.
Ils ont également affirmé que les deux ministres devaient répondre, au mépris des procédures juridiques, de plus d’accusations que celles définies par le Parlement lorsqu’il a lancé l’enquête.
Les avocats, notant l’imprécision de certaines accusations, ont demandé des éclaircissements à la cour avant d’exiger une dissociation des deux dossiers.
M. Ersumer est accusé d’irrégularités dans des appels d’offres publics, d’abus de pouvoir et de négligence alors que M. Cakan est soupçonné d’abus de pouvoir et de fraude dans des adjudications publiques.
Le procureur Nuri Ok — la plus haute autorité du ministère public turc — a pour sa part demandé aux juges de rejeter la plupart des requêtes de la défense.
Reconnaissant que les inculpés devaient répondre de plus d’accusations que celles établies à l’origine, il a cependant suggéré à la cour de ne pas prendre en compte 22 d’entre elles.
A l’issue de l’audience, les juges ont décidé d’ajourner le procès au 25 novembre pour prendre le temps d’évaluer les requêtes de la défense.
Cumhur Ersumer et Zeki Cakan étaient membres du parti la mère Patrieconservateur) dont l’ex-chef, Mesut Yilmaz, trois fois Premier ministre, a été récemment renvoyé par les députés turcs devant la Cour suprême avec son ministre de l’Economie, Gunes Taner.
Ces derniers sont notamment accusés d’avoir eu recours aux services d’un chef mafieux pour intimider des acheteurs potentiels lors de la privatisation de la banque publique Turkbank, en 1998, une affaire qui avait conduit à la chute du gouvernement.
Deux autres anciens ministres, l’ex-ministre de l’économie Recep Onal et l’ancien vice-Premier ministre Husamettin Ozkan devront également comparaître devant la Cour suprême.
Le Parti de la Justice et du Développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), qui s’est engagé à éradiquer la corruption lors de son arrivée au pouvoir en novembre 2002, est aujourd’hui sommé de mettre en oeuvre ses promesses, tant par son électorat que par l’UE, dont les dirigeants doivent décider le 17 décembre d’ouvrir ou non les négociations d’adhésion avec Ankara.
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