| UE-Turquie : Caramanlis et Papadopoulos demandent à Ankara de reconnaître la partie grècque de Chypre |
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13 novembre 2004
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NICOSIE, (AFP) Le Premier ministre grec Costas Caramanlis a déclaré vendredi que la Turquie se devait de reconnaître Chypre si elle souhaitait entamer des négociations d’adhésion à l’Union européenne (UE), à l’issue d’une rencontre, à Nicosie, avec le président chypriote Tassos Papadopoulos.
"Un pays qui veut être membre de l’Union européenne doit comprendre qu’il existe des règles de conduite. Il n’y a pas d’exception", a indiqué M. Caramanlis, dans une conférence de presse conjointe avec M. Papadopoulos.
Le président chypriote a également insisté sur le fait qu’une des conditions clés pour débuter les négociations d’adhésion de la Turquie était sa pleine reconnaissance du gouvernement chypriote.
La Turquie n’entretient aucune relation avec la République de Chypre, seule entité légale sur l’île aux yeux de la communauté internationale.
M. Caramanlis est arrivé vendredi à Chypre pour une visite officielle de deux jours pendant laquelle il doit discuter d’une stratégie commune sur la division de l’île et de la candidature de la Turquie à l’entrée dans l’Union européenne (UE).
Aucun des deux hommes n’a dit si leur pays aurait recours à un veto, lors du sommet européen de décembre, en cas de non-reconnaissance prochaine d’Ankara de la République de Chypre.
"Nous prendrons une décision en décembre, après avoir examiné tous les faits", a indiqué M. Papadopoulos.
Le sommet de décembre doit se prononcer sur l’ouverture ou pas de négociations d’adhésion de la Turquie. La République de Chypre, membre de l’UE depuis mai, a fait savoir qu’elle pourrait enrayer l’ambition d’Ankara de rejoindre le club européen en y opposant son veto, demandant que la Turquie la reconnaisse, comme elle le fait pour les 24 autres Etats membres.
"Nos deux pays veulent une Turquie européenne comme voisine et, sur le principe, la République de Chypre voit de façon positive une date d’ouverture de négociations, à condition que la Turquie remplisse ses obligations envers l’UE et Chypre", a ajouté le président chypriote.
Il s’agit de la première visite de M. Caramanlis dans l’île méditerranéenne depuis sa prise de fonction, en mars. Il doit prononcer un discours samedi au parlement.
Chypre est divisée depuis l’intervention en 1974 de l’armée turque sur le tiers nord de l’île, en réponse à un coup d’Etat chypriote-grec destiné à rattacher l’île à la Grèce, avec le soutien de la junte militaire alors au pouvoir à Athènes.
Les Chypriotes turcs ont proclamé en 1983 une "République turque de Chypre nord", uniquement reconnue par Ankara.
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