| Lyon : échauffourées entre militants d’extrême droite et antifascistes |
Pour réagir à cet article, cliquez ici
|
15 novembre 2004
|
LYON (AFP) - Des échauffourées ont opposé dimanche à Lyon quelque soixante-dix membres des Jeunesses identitaires à une centaine de militants de mouvements antifascistes, selon la police qui est intervenue pour disperser les manifestants.
Les manifestants du groupuscule d’extrême droite Jeunesses identitaires s’étaient rassemblés en début d’après-midi sur une place du centre de Lyon pour s’opposer à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.
Des militants antifascistes, issus de Ras l’Front et SOS Racisme ainsi que de divers mouvements d’extrême gauche, qui avaient organisé un rassemblement sur la même place, se sont affrontés aux manifestants d’extrême droite qui ont répliqué à coups de chaises d’un café voisin.
Un manifestant antifasciste gisait par terre, la tête ensanglantée, a-t-on constaté. Il a été conduit à l’hôpital Edouard Herriot de Lyon pour une grosse plaie au visage, selon les pompiers.
La police a procédé à une interpellation, a indiqué la préfecture, sans plus de précision.
"La Turquie, c’est non", affichait une banderole brandie par plusieurs militants des Jeunesses identitaires, qui scandaient "Europe, jeunesse, révolution", face à des manifestants d’extrême gauche répondant "No pasaran !".
La police a dispersé les militants antifascistes et a empêché les membres des Jeunesses identitaires d’avancer vers le consulat de Turquie comme ils le projetaient. Ils se sont alors dispersés, dans le calme.
"On nous impose la religion des droits de l’homme, on favorise une politique systématique d’immigration, un métissage. Nous, on ne combat pas l’immigré, mais le système libéral qui (les) attire sur le sol européen", a déclaré Fabrice Robert, président du Bloc identitaire, lors du rassemblement.
Dans un communiqué commun diffusé après la manifestation, SOS Racisme et Ras l’Front ont regretté "que l’Etat laisse s’exprimer librement des gens issus d’un groupuscule d’extrême droite dont le discours et les actions attisent la haine de l’étranger. Ces idées ne devraient jamais quitter la décharge de l’histoire". Les deux associations ont protesté "contre le comportement de la police", dénonçant une interpellation violente.
Le Bloc identitaire, dont font partie les Jeunesses identitaires, tenait ses assises samedi à Lyon. Ce mouvement a été créé par d’anciens membres du groupe interdit d’Unité Radicale, auquel appartenait Maxime Brunerie, auteur d’une tentative d’assassinat sur Jacques Chirac le 14 juillet 2002.
Lire également :
Manifestation d’extremistes arméniens contre la position de Chirac sur l’adhésion de la Turquie
|