| Le Tatarstan privé d’alphabet latin |
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17 novembre 2004
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TURCOPHONIE - Moscou (AP) - La Cour constitutionnelle de Russie a interdit mardi à la république du Tatarstan, située dans le centre du pays, de remplacer l’alphabet cyrillique par les caractères latins pour écrire la langue tatare, un dialecte turc.
Les députés et la Cour suprême de cette république autonome, où les membres de l’ethnie tatare sont majoritaires, contestaient la constitutionnalité d’une loi de 2002 qui impose l’utilisation de l’alphabet cyrillique pour toutes les langues officielles.
Le Tatarstan et d’autres républiques de Russie comptant une importante communauté ethnique non russe utilisent la langue de Pouchkine et un autre idiome local comme langues officielles. En 2000, le Parlement de Kazan, capitale du Tatarstan, avait voté une loi substituant les caractères latins aux cyrilliques pour écrire la langue locale. Les partisans de la réforme orthographique affirmaient que l’alphabet latin était plus adapté que le cyrillique, créé lui pour les langues slaves, pour transcrire cette langue qui appartient à la famille linguistique turco-mongole.
Les adversaires du passage à l’alphabet latin ont rétorqué qu’elle risquait de diviser la population et souligné la difficulté de la mettre concrètement en application pour l’enseignement et la littérature. Le Tatarstan était passé des caractères arabes à l’alphabet latin en 1927, avant d’adopter le cyrillique en 1939 sous Staline, qui cherchait à « russifier » toute l’Union soviétique.
Les caractères cyrilliques sont utilisés par certaines langues slaves comme le russe, l’ukrainien, le bulgare et le serbe. Le turc de Turquie s’écrit avec l’alphabet latin depuis les années vingt après l’abandon de l’alphabet arabe.
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