| 20.000 manifestants, surtout musulmans, contre la violence au nom de l’Islam |
Pour réagir à cet article, cliquez ici
|
23 novembre 2004
|
Environ 20.000 personnes, une majorité de musulmans, ont défilé contre la violence au nom de l’Islam, dimanche à Cologne (ouest de l’Allemagne), à l’appel de l’Union islamo-turque (DITIB), a indiqué la police locale.
Sous le mot d’ordre "Main dans la main pour la paix contre la terreur", les manifestants divisés en deux cortèges distincts, l’un parti d’une mosquée, l’autre de la cathédrale, ont convergé vers le centre-ville.
Venus de toute l’Allemagne mais surtout de Cologne, qui compte la deuxième plus grande communauté turque du pays après Berlin (environ 75.000), des manifestants brandissaient des drapeaux européens, allemands et turcs, ainsi que des slogans en langue allemande et turque, comme "L’Islam c’est la paix" ou "Nous sommes contre la terreur sous toutes ses formes".
"La terreur n’a ni religion, ni nationalité", a lancé à la foule Ridvan Cakir, le président de la DITIB, principal représentant des plus de 3 millions de musulmans vivant en Allemagne, où par ailleurs vit la plus grande communauté turque d’Europe. La DITIB avait annoncé la participation de quelque 15.000 personnes.
Cette manifestation est "un signal clair et nécessaire. Nous sommes tous sous le choc du meurtre brutal de Theo van Gogh et des attaques d’établissements musulmans aux Pays Bas", a déclaré Mareluise Beck, chargée par le gouvernement allemand des migrations, des réfugiés et de l’Intégration.
Elle a appelé à parler des "conflits provoqués par l’intégration", tandis que la présidente des Verts, Claudia Roth, a défendu "la culture du respect, des deux côtés".
"Je veux que nous vivions ensemble, et non côte à côte", a lancé à la tribune le ministre de l’Intérieur de Rhénanie du nord-Westphalie, Etat régional où est située Cologne, le social-démocrate Fritz Behrens.
"Nous voulons le dialogue avec les musulmans", a pour sa part assuré le ministre de l’Intérieur très conservateur de Bavière, Guenther Beckstein, tout en leur demandant d’"apprendre l’allemand, et de travailler et célébrer ensemble avec nous". Son parti, l’Union chrétienne-sociale (CSU) a durci le ton en matière de politique d’immigration lors de son congrès ce week-end, exigeant notamment des immigrés le respect de "la culture de référence".
Un durcissement similaire est perceptible dans l’ensemble de la classe politique allemande, qui s’interroge sur la réussite de l’intégration des musulmans établis en Allemagne et multiplie les initiatives pour l’améliorer, dans la foulée des tensions communautaires aux Pays-Bas après l’assassinat du cinéaste Theo van Gogh.
Samedi, le chancelier allemand Gerhard Schroeder avait appelé les musulmans à mieux s’intégrer et avait mis en garde contre un "conflit des cultures".
|