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Turquie. Un fabuleux patrimoine archéologique
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Pour qui ne veut pas se satisfaire des seuls plage et du soleil, la Turquie donne à voir un patrimoine archéologique fabuleux. Sumériens, Hittites, Etrusques, Assyriens, Parthes, Romains ont - entre autres - laissé leur empreinte dans le sol et les paysages. Les premiers chrétiens persécutés à Jérusalem vinrent y chercher refuge. Jean Le Baptiste conduisit Marie, la mère de Jésus, sur les hauteurs d’Ephèse où l’on visite ce qui aurait été sa maison et que gardent des religieuses françaises. L’islam n’est apparu que bien plus tard, Mohamed nait en 570. Cités antiques, basiliques, innombrables mosquées, palais, musées se visitent à l’envi.

Istanbul qui fut la capitale de trois empires successifs, romain, bizantin et ottoman, est une ville grouillante, hélas polluée notamment par une circulation intense, de 12 millions d’habitants. Elle garde le passage du Bosphore entre la mer noire et la mer de Marmara à cheval entre l’Europe et l’Asie. Une promenade nautique s’impose bien sûr. Elle est le prétexte à découvrir jardins, palais, villas ou vieilles maisons de bois.

Le rail d’Ouessant

Le trafic maritime est intense et donne froid dans le dos quand on rencontre des pétroliers sur son chemin : le rail d’Ouessant réduit à 600 mètres dans le passage le plus étroit ! A terre, le visiteur en a également tout son soûl et, s’il se plie au rite obligé du déchaussage, il pourra fouler le sol de Sultanahmet la mosquée bleue, du fait de ses faïences bleues et blanches d’Iznik, le bleu ayant en outre la particularité de repousser les mouches. D’autres mosquées l’attendent, aussi majestueuses, encore qu’elles souffrent d’un entretien parfois sommaire. Toute la magnificence de l’Orient se découvre au palais de Topkapi qui abrite un fameux trésor ainsi qu’une empreinte de pied du prophète Mohamed.

Derviches tourneurs

Loin cette fois de la foule et de l’agitation, c’est dans un petit temple que, pour une poignée d’invités, les derviches tourneurs entrent en scène.
Leur confrérie, qui aurait vu le jour à l’initiative d’Ali, le gendre de Mohamed, fut assimilée à une secte et interdite au nom de la laïcité en 1924 sous Attatürk. Elle n’a pu survivre qu’avec l’assentiment des autorités. Etrange chorégraphie qui se déroule dans une sorte de théâtre aux formes octogonales, le public prenant place dans une galerie qui le ceinture tandis qu’un orchestre à l’étage- tambourins, cythares-, accompagne des chants anciens, lancinants.
Difficile d’échapper à cette ambiance mystique qui donne la chair de poule. Et puis, comme des papillons qui s’échappent de leur cocon blanc les danseurs tournent, tournent, tête inclinée, une main tournée vers le ciel, l’autre vers le sol. Pas un bruit ne s’échappe de ces coroles humaines dont les pieds semblent à peine toucher le sol. Impressionnant.

Grand bazar, or et tapis

Un spectacle qui se situe à mille lieues en tous les cas d’Istanbul by night, paradis de danseuses orientales de pacotille ou des cosaques de la mer Noire qui, pour un peu, feraient la danse des canards. Tout y est bon pour attirer le gogo. On ne quittera pas Istanbul sans aller faire un tour dans l’immense bazar de la ville, le Kapah çarsi. Outre qu’on y est à l’abri (il pleut aussi en Turquie), cette immense caverne d’Ali Baba regorge d’argent, d’or, de cuir et de tapis. Les commerçants qui tiennent de minuscules boutiques - 4.000 dit-on - parlent volontiers le français. Faits main, les tapis, notamment ceux confectionnés dans l’est du pays, sont magnifiques et environ trois fois moins chers qu’en France. Il faut compter 2.000 F pour un tapis de petite taille, vendu avec un certificat d’origine.

Circoncision

Bazars et marchés offrent aux Occidentaux autant d’occasions vraies de dépaysement. A Bursa par exemple, le marché aux épices, qui s’étend autour d’un très beau caravansérail, distille ses odeurs de cannelle, de thym, de cumin ou encore de menthe fraîche. On y trouve même des artichauts. Le plus étonnant ce sont aussi ces magasins qui ont en vitrine des mannequins de jeunes garçons habillés de vêtements blancs, très compliqués, richement brodés et qui sont portés le jour de la circoncision, un peu à la manière des communiants. L’intervention est désormais pratiquée par un chirurgien mais, à la campagne, cette opération se ferait encore volontiers chez les barbiers. Quant à l’artisanat, il est de qualité très varié. Les antiquités sont, elles, plus rares. Il est possible cependant de faire des affaires.

Vandalisme...

Le trafic des objets antiques y fut florissant. A-t-il complètement cessé quand, se promenant sur des sites à peine gardés, on note également des signes de vandalisme ? La pratique du port du petit sac à dos dont on s’affuble volontiers, encouragerait des comportements condamnables. Comment la Turquie pourrait-elle surveiller un patrimoine qui se compte en milliers de sites connus - 220 arènes romaines par exemple - et qui s’étendent sur des dizaines d’hectares ? .

... et pillage

Il n’est pas jusqu’aux archéologues à bafouer leur éthique quand à Ephèse, en 1956, des fouilles menées par des Autrichiens ont été mises à profit pour embarquer quatre statues de marbre, toujours pas restituées et remplacées sur la façade de la grande bibliothèque par des copies. Il aura fallu aussi que les Turques fassent un procès aux Etats-Unis il y a quatre ou cinq ans afin de reprendre possession d’objets exposés au Métropolitain de New-York et provenant de pillage de tumulii lydiens dans une région si riche en monuments de ce type qu’on l’appelle les Mille Collines. Il suffit se regarder à ses pieds pour y voir tessons de sygilées (poteries portant le sceau du fabricant), d’amphores ou débris de chapiteaux, le tout au milieu de filtres à cigarettes ou de boîtes de jus de fruits.

Traces de chars

Le manque de moyens est criant à Iznik où les ruines de la petite basilique Aya Sofya (Sainte Sophie) sont laissées à vau l’eau. Or, c’est ici que s’est tenu le premier concile oecuménique de la chrétienté en 325 entre Nestoriens et Ariens, puis celui sur la controverse des Iconoclastes. L’émotion que suscite la découverte d’impressionnantes villes de marbre déroulant gymnase, arène, bains, agora, maisons closes, temples, balaie ces griefs. Les rues de marbre blanc d’Ephèse portent toujours les traces des roues des chars. Pour un peu, on imaginerait une foule grouillante : soldats, esclaves, marchands et nobles. Au total une immense cité de 250.000 âmes.


Histoires turques

Ex-votos

La maison de Marie reçoit 1,4 million de visiteurs sur les hauteurs d’Ephèse. Il n’est d’ailleurs pas banal d’y croiser des Bretons en pélerinage. Mais, curieuse pratique qui veut que les pélerins occidentaux rédigent des messages ou des prières sur des papiers de toutes natures (hygièniques, mouchoirs) qu’ils glissent dans un mur à l’instar de ce qui se fait au Mur des Lamentations. Quant aux Japonais, leurs ex-votos sont des chewing-gum qu’ils collent sur les arbres alentour...

Etre sous la férule de...

Cette grande plante qu’on appelle la férule pousse un peu partout en Turquie. En séchant, elle laisse subsister une tige longue et légère. Dans l’antiquité, les éducateurs s’en servaient pour fouetter les mauvais élèves lesquels, rentrés chez eux, se plaignaient d’avoir été battus. Las, elle ne laisse pas de traces. Etre sous la férule de quelqu’un viendrait de cette pratique.

Chauffer la place

Les villes anciennes, c’est le cas d’Ephèse, disposaient de latrines. Celles-ci se présentent sous la forme d’une banquette de marbre faisant le tour d’un pièce et percée de trous. Le tout était relié à un système d’évacuation. Inconvénient du marbre l’hiver : il est froid. Aussi les nobles ou les riches habitants envoyaient-ils leur esclave s’asseoir et ainsi chauffer la place.

L’argent n’a pas d’odeur

Vespasien, gouverneur au 1er siècle avant JC de la région d’Ephèse faisait payer l’utilisation des latrines. L’urine humaine était également récupérée et servait, comme elle contient de l’ammoniaque, à blanchir la laine des moutons. A son fils, Titus qui lui reprochait cette activité douteuse, Vespasien a sorti de sa poche une pièce d’or et la lui mettant sous le nez, lui aurait dit : « L’argent n’a pas d’odeur ».

Riche comme Crésus

Roi de Lydie, Crésus était dit-on le plus riche souverain du monde antique, au 6e siècle avant JC. Son royaume était traversé par une rivière qui regorgeait de pépites d’or. La rivière s’appelait et s’appelle toujours : Pactole !





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