| Valence : Des versions divergentes |
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30 novembre 2004
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DAUPHINE - La place de la mairie de Valence a eu pendant quelques minutes des airs de foire d’empoigne samedi après-midi. Dans des circonstances qu’une enquête de police doit encore établir, des membres des communautés turques et arméniennes en sont venus aux mains devant la mairie. Un stand avait été installé sur la place par des associations arméniennes dans le but de recueillir des signatures pour une pétition s’opposant à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Émus du contenu des tracts distribués par les militants arméniens, de jeunes Turcs ont signalé les faits à la police. Une patrouille a alors récupéré quelques tracts. A ce moment, les esprits n’étaient pas encore échauffés. Peu de temps après, les choses ont dégénéré. Les versions des uns et des autres divergent. Les Arméniens disent avoir été insultés, puis agressés par une vingtaine de jeunes. Le stand a été mis à terre et détérioré et trois jeunes militants arméniens ont été blessés. Deux souffrent de traumatismes crâniens et le dernier a le bras dans le plâtre. Les Turcs n’ont pas tout à fait la même version. Ils contestent leur nombre et disent avoir été provoqués. Reste à savoir si ces provocations sont réelles ou s’ils estiment que la nature elle-même des tracts constituait un outrage suffisant pour recourir à la violence. Du côté de la police, on précise que plusieurs fonctionnaires en civil et en uniforme sont intervenus sur la place de la mairie : « Lorsqu’ils sont arrivés, les coups avaient cessés mais les belligérants s’invectivaient. Les jeunes Turcs se sont dispersés et nous avons demandé aux militants arméniens d’enlever leur stand qui n’avait pas d’autorisation, ce qui a été fait. Sur place, personne n’a souhaité porter plainte ». Hier matin, deux jeunes gens de la communauté turque ont été placés en garde à vue, entendus et relâchés dans l’après-midi. D’autres jeunes Turcs sont venus déposer plainte dans l’après-midi. Au total, les policiers qui enquêtent toujours dans le cadre du flagrant délit pour des violences en réunion sont saisis de cinq plaintes de chaque côté. Le préfet de la Drôme, Christian Decharrière a reçu hier soir les représentants de la communauté arménienne pendant plus d’une heure et demie. Il avait invité à cette réunion Patrick Labaune, député de la circonscription de Valence, Léna Balsan, maire de la ville, ainsi que le commissaire Mermet.
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