| Irak : pour les GI’s, des chefs turcs troquent baklavas contre hot-dogs |
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1er décembre 2004
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MOSSOUL (Irak), 1er oct (AFP) - Oubliés les aubergines farcies et les baklavas. Sur la plus grande base militaire du nord de l’Irak, les chefs turcs ont appris à cuisiner des hamburgers, des hot-dogs ou de la purée de pommes de terre pour satisfaire aux goûts de centaines de soldats américains.
Sur la base de Marez et dans l’aéroport voisin, à Mossoul (370 km au nord de Bagdad), environ 2.000 employés turcs cuisinent, ramassent les ordures, nettoient les toilettes, construisent de nouveaux bâtiments et fournissent des services en matière de télécommunication ou de sécurité.
La plupart d’entre eux travaillent pour des sociétés turques sous-traitantes du géant américain Kellogg, Brown and Root (KBR), lui-même sous contrat avec le ministère américain de la Défense. La majorité sont originaires de la ville d’Adana, dans le sud-est de la Turquie.
Yusuf Garip, 52 ans, supervise la principale cantine dans laquelle 150 des 200 employés sont des Turcs, tous recrutés par le groupe Serka, basé à Adana.
Avant de se rendre en Irak, où il se trouve depuis 17 mois, il a travaillé pendant 22 ans sur la base militaire américaine d’Incirlik, près d’Adana, qui abrite quelque 1.000 militaires.
"J’ai l’habitude de travailler avec les Américains", dit Yusuf, en conduisant sa camionnette dans les rues boueuses de la base, où vivent plus d’un millier de soldats américains.
"Ils sont francs et honnêtes", affirme-t-il.
Les chefs doivent suivre avec attention les recettes de cuisine pour que les soldats aient l’impression de se sentir comme à la maison, explique-t-il.
Il y a une semaine, les cuisiniers ont préparé de la dinde, des pommes de terre et d’autres mets traditionnellement confectionnés pour la fête de Thanksgiving.
Plus bas dans la rue, un autre bâtiment devant faire office de cantine est en cours de construction. Les travaux ont été confiés à la compagnie turque Akfen. Des ouvriers en bâtiment sont occupés à poser des blocs et acheminer des chariots élévateurs sur le site.
De l’autre côté de la rue, une autre société turque, Akcell, offre aux soldats des services d’appels téléphoniques à longue distance et l’accès au réseau internet.
Des autobus, dont les autoradios crachent de la musique turque au volume maximum, transportent les soldats vers la cantine, le cinéma ou les salles de gymnastique.
L’un des chauffeurs, Ahmet Ozcan, 53 ans, confie que sa famille lui manque. Mais, dit-il, il a dû venir travailler ici pour des raisons économiques.
Les Turcs ont aussi leur propre restaurant, le Mujdat, où ils se sentent un peu comme au pays. On y sert de la soupe aux lentilles, des oeufs durs, du pain du pays et des kebabs de toutes sortes. Devenu populaire, le Mujdat accueille également les Américains.
"Chaque jour, c’est la même chose. Lever à huit heures et coucher à minuit", dit Yilmaz, un jeune homme de 28 ans, alors qu’il emballe des sandwiches pour des soldats et des chauffeurs de camion turcs.
Dans cette région en proie aux violences, aucun des Turcs n’ose s’aventurer à l’extérieur de la base.
Seuls quelques gardes de sécurité turcs sont postés à des barrages aux entrées de la base pour aider les GI’s à régler le flux quotidien de camions, conduits par des Turcs, acheminant dans la base marchandises et carburant.
Ces derniers mois, de nombreux chauffeurs de camion turcs ont été enlevés ou assassinés par les rebelles. Très peu d’entre eux osent aujourd’hui franchir la frontière entre la Turquie et l’Irak, à une centaine de kilomètres au nord de Mossoul, s’ils ne sont pas escortés par des troupes américaines.
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