| Négociations Turquie-UE : une reconnaissance de facto de Chypre (Borrell) |
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4 décembre 2004
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ANKARA, (AFP) Le lancement éventuel des négociations d’adhésion entre l’Union européenne et la Turquie reviendra a une reconnaissance de facto de Chypre par Ankara, puisque Chypre est membre de l’UE, a estimé vendredi Josep Borrell, le président du Parlement européen, lors d’une visite à Ankara.
L’UE souhaite que la Turquie reconnaisse la République de Chypre -qui n’administre que la partie chypriote-grecque de l’île mais est la seule entité reconnue internationalement.
Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul a cependant exclu jeudi une telle reconnaissance tant qu’une solution durable au conflit divisant depuis 30 ans les communautés grecque et turque ne serait pas trouvée.
"Il est extrêmement clair que pour négocier avec quelqu’un, il faut reconnaître son interlocuteur", a déclaré M. Borrell. "Ainsi, négocier avec l’UE implique de négocier avec Chypre et par conséquent de reconnaître Chypre".
La Turquie est le seul Etat à reconnaître la République turque de Chypre Nord, autoproclamée, où elle maintient un contingent d’environ 30.000 militaires.
M. Borrell s’est exprimé devant la presse au terme d’un entretien avec le président du parlement turc, Bulent Arinc, au cours duquel les deux hommes ont débattu des chances de la Turquie de se voir attribuer, lors du sommet européen des 16 et 17 décembre, une date pour le début des négociations d’adhésion.
Rappelant que le Parlement européen était profondément divisé sur la question turque, il a affirmé que certains de ses membres se demandaient s’il serait possible d’adopter une position ferme sur le sujet d’ici le sommet de Bruxelles.
"Il y a des moments où l’Histoire hésite et ne sait pas quelle voie choisir. Nous sommes à l’un de ces moments", a déclaré M. Borrell."Je suis sûr que le monde sera très différent en fonction de la voie que nous choisirons dans les années à venir".
"Pas seulement la Turquie, pas seulement l’UE, le monde dans son ensemble sera différent", a-t-il poursuivi.
Les dirigeants européens ne sont pas tenus de respecter la position du Parlement européen, mais celle-ci a néanmoins un certain poids politique.
Bulent Arinc a pour sa part affirmé que la Turquie espérait voir les négociations d’adhésion débuter au cours du premier semestre 2005 et a enjoint les membres du Parlement européen de ne pas se concentrer seulement sur les déficiences de son pays, mais aussi sur les contributions qu’il pourrait apporter au club européen.
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