| La Russie préoccupée par la navigation dans les détroits et la Turquie par les problèmes des Turcs Meskhets |
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7 décembre 2004
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ANKARA, 7 décembre. /par Arseni Oganessian, commentateur de RIA Novosti/. L’actuelle visite officielle du président russe Vladimir Poutine en Turquie n’est pas un voyage de routine. Son importance a été soulignée plus d’une fois par les deux parties et confirmé par le déploiement dans les rues d’Ankara d’une trentaine de milliers d’agents de l’ordre appelés à garantir la sécurité du chef de l’Etat russe.
Pour user du langage diplomatique, les deux parties ont "passé en revue un large éventail de problèmes internationaux". Mais l’un des plus importants d’entre eux, qui touche aux intérêts des deux parties, est, on peut le dire de plein droit, la situation dans les détroits de la mer Noire.
La Russie reste en proie à des préoccupations sérieuses suscitées par le régime de navigation dans les détroits de la mer Noire. Depuis ces dernières années, les sociétés russes se heurtent, dans la zone des canaux, à des restrictions de plus en plus importantes qui réduisent le transit et leur font subir des pertes substantielles.
La Russie partage la préoccupation de la Turquie en ce qui concerne la sécurité du trafic dans les détroits et la protection de l’environnement. En même temps, Moscou estime que les mesures pratiques adoptées par la Turquie sont inadéquates, limitent la liberté de navigation et aboutissent en fait à l’instauration d’un régime d’autorisation. La Russie se fonde sur le caractère fondamental de la convention sur le régime des détroits (Montreux, 1936) définissant leur statut international et sur les normes correspondantes du droit de la mer.
En même temps, la Russie s’efforce de donner aux négociations une orientation constructive et propose à la Turquie ses services d’experts et de conseils pour optimiser la navigation dans le Bosphore.
La situation en Transcaucasie est un point particulier de l’ordre du jour des négociations entre le ministre russe des Affaires étrangères, Serguéi Lavrov, et son homologue turc, Abdullah Gul. Malgré l’absence d’information officielle sur le contenue de l’entretien des deux ministres, le commentateur de RIA Novosti a appris, auprès d’une source à Ankara, que la Turquie est vivement préoccupée par le problème des Turcs Meskhets qui se trouvent toujours en Russie et n’ont pas la possibilité de revenir en Géorgie. Même après le changement de régime à Tbilissi, ce problème apparu il y a douze ans est toujours au point mort.
Ankara suit attentivement aussi, selon la même source, le processus de règlement des conflits internes en Géorgie. La Turquie se dit préoccupée par le fait que Tbilissi n’a fait aucune proposition concrète pour normaliser la situation en Abkhazie et en Ossétie du Sud. Qui plus est, la suppression de fait de l’autonomie adjare, pourtant garantie par le traité de Kars, suscite des craintes sur le sort de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud et ne contribue pas au rétablissement de la confiance entre les autonomies et les autorités centrales de la Géorgie.
D’une façon générale on peut constater que les relations russo-turques sont actuellement en plein essor aussi bien du point de vue du niveau du dialogue politique que dans le domaine de la coopération commerciale et économique. Cette année, le chiffre d’affaires des échanges commerciaux bilatéraux sera d’environ 10 milliards de dollars, d’après le ministre russe de l’Industrie et de l’Energie, Viktor Khristenko, qui affirme que la Turquie se propose de le doubler au cours des prochaines années.
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