| Les Turques dénoncent un amendement anti-adultère |
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14 septembre 2004
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ANKARA (AP) — Plusieurs centaines de femmes ont manifesté mardi vers le Parlement turc pour dénoncer l’examen par les députés d’un amendement visant à proscrire l’adultère, qui deviendrait un délit, dans le cadre d’une réforme du code pénal.
Environ 600 personnes, pour la plupart des femmes, ont défilé derrière des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Enlève tes mains de mon corps » ou encore « Non à un code pénal dominé par les hommes ».
La réforme du code pénal est destinée à faciliter sa candidature à l’entrée dans l’Union européenne, mais les dirigeants européens ont prévenu Ankara que l’amendement anti-adultère pourrait réduire ses chances.
La réforme prévoit des condamnations plus lourdes pour les violeurs, pédophiles, tortionnaires et trafiquants d’êtres humains. Cette proposition reconnaît également que le viol d’un époux et le harcèlement sexuel sont des délits. Mais, dans une décision apparemment destinée à satisfaire ses partisans conservateurs, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan cherche à ajouter la mesure anti-adultère au projet pendant le débat.
Il affirme que la loi protègera les familles et les femmes qui ont été trompées par leurs maris. Mais les associations féministes ont rétorqué que cet amendement pourrait se retourner contre les épouses. « Une telle loi ne permettra pas de sauver les mariages (...) Au contraire, elle les ruinera », a affirmé l’avocate Senal Saruhan. « C’est une approche rétrograde, qui permettra à l’Etat d’intervenir dans nos vies privées ».
L’adultère était interdit en Turquie jusqu’en 1996. A l’époque, le Conseil constitutionnel avait jugé qu’elle était inégalement appliquée. Les hommes étaient jugés coupables lorsqu’il était prouvé qu’ils avaient eu une aventure de longue durée avec une autre femme. La culpabilité des femmes était établie dès qu’elles avaient été infidèles une fois.
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